Vivre près de l'eau fait rêver, mais cela n'apporte pas que des avantages! Avec les changements climatiques, les zones côtières deviennent plus fragiles. La Côte-Nord, le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie, les Îles-de-la-Madeleine, l'Île d'Anticosti, sont des régions susceptibles d'être touchées par l'érosion côtière, ou usure des berges. De plus cette situation pourrait toucher beaucoup de monde, puisque plus du tiers des gens vivent à moins de 500 m des berges du Saint-Laurent et plus de 90 % de cette population est à moins de 5 km.
Les zones côtières sont vulnérables aux changements climatiques. Le réchauffement climatique pourrait modifier le rythme d'érosion des berges et augmenter les risques d'affaissement. Avec ce même réchauffement les glaces de mer qui empêchent la formation des grosses vagues de tempêtes fondent de plus en plus. Les vagues frappent donc les côtes, qui sont sensibles à l'érosion. Cette érosion est d'ailleurs aggravée avec l'augmentation du nombre de cycles de gel-dégel. Et comme le niveau de la mer est en hausse, les plages reculent peu à peu. Tous ces changements sont déjà visibles aux Îles-de-la-Madeleine, par exemple. Voici les effets du changement climatique sur la zone côtière du golfe du Saint-Laurent:
Hausse du niveau de la mer
Dans le golfe du Saint-Laurent et dans l'Atlantique Nord-Ouest, on observe de grandes variations du niveau de la mer. Le niveau moyen annuel du golfe peut varier d'environ 15 cm sur une dizaine d'années. La croûte terrestre présente un affaissement dans le sud du golfe du Saint-Laurent et une légère émergence dans le nord. Les Îles-de-la-Madeleine et la baie des Chaleurs subiraient donc à la fois un affaissement des côtes et une hausse du niveau de la mer. Aux Îles-de-la-Madeleine, on en remarque déjà les effets : affaissement des plages et recul important des côtes.
Changements de fréquence des pluies et des tempêtes hivernales
Les tempêtes font varier le niveau d'eau, produisent de fortes vagues et de pluies abondantes. Les niveaux d'eau élevés combinés aux fortes vagues sont l'une des causes majeures de dommages aux infrastructures et d'érosion (usure) des berges. On prévoit que le nombre total de tempêtes diminuera dans le golfe du Saint-Laurent. Par contre, le nombre total de vagues de tempêtes qui atteindront les côtes augmentera. Cette apparente contradiction s'explique par la disparition rapide des glaces de mer.
Augmentation des redoux et des cycles de gel-dégel
Le réchauffement des températures entraîne aussi l'augmentation des redoux pendant l'hiver et des cycles de gel-dégel. Or, certains types de sols ont tendance à se fractionner lors de la succession de gel et de dégel. C'est le cas des talus argileux de la Côte-Nord, ainsi que des falaises de grès friables des Îles-de-la-Madeleine et de la baie des Chaleurs. Une augmentation du nombre de périodes de redoux pendant la saison froide favorise l'érosion de ces falaises.
Disparition des glaces de mer et des glaces de rivage
Les changements du climat ont des conséquences directes sur la durée et l'importance des glaces de mer et des glaces côtières. Lorsqu'elles sont assez importantes, les glaces de mer peuvent empêcher la formation des vagues causées par les vents de tempêtes. De 30 à 40 % environ de ces tempêtes se produisent pendant les mois d'hiver. Comme ces vagues provoquent l'érosion des rives, les glaces de mer ralentissent indirectement l'érosion. Les taux d'érosion ont fortement augmenté au cours des 10 dernières années dans la région de Sept-Îles. Ces taux plus élevés seraient liés, d'une part, au plus grand nombre de tempêtes hivernales produisant des vagues et, d'autre part, à la réduction des glaces de mer. Des scénarios climatiques ont démontré que la saison des glaces de mer diminuera des deux tiers d'ici 2050. Elles auront complètement disparu avant la fin du siècle dans le golfe du Saint-Laurent. Donc, même si le nombre de tempêtes diminue, la quantité de fortes vagues atteignant les côtes devrait augmenter.
Si les impacts sont nombreux pour la population des solutions d'adaptation existent et le comportement de la population peut changer la donne. Je vous parlerai plus longuement des impacts sur la population et de solution dans la prochaine chronique, qui sera... dans deux semaines ! Vous avez peut-être remarqué, mais nous avons changé les fréquences des chroniques qui seront dorénavant publiées aux deux semaines. Au plaisir de notre prochain rendez-vous santé et climat, en attentant vous pouvez trouver plus toutes les informations sur le site Mon climat ma santé!
Une chronique Mon climat ma santé



