Cependant, elle avait finalement choisi de ne pas pédaler cette année-là. «Tu sais comment c’est, on se trouve plein excuses: C’est difficile. Montréal-Québec, c’est 300 km, il faut amasser beaucoup d’argent. Ça prend toute la fin de semaine, j’ai pas le temps», dit Alexandra Rupp qui, comme tout le monde, s’est toujours sentie interpellée par les ravages que cause cette maladie.
Mais cette année, elle sera de la partie. Pas parce que c’est moins difficile. La distance est la même; il faut toujours pédaler 300 km en deux jours. Aussi, le minimum à amasser pour chaque participant est de 2500$, une somme considérable. Mais quelque chose a changé: l’an dernier, la mère d’Alexandra n’était pas elle-même, atteinte de la maladie. Elle avait eu à subir une chirurgie au cerveau, et ce, quelques jours avant Noël.
«J’ai maintenant des raisons très personnelles d’y participer. On connaît tous des gens qui sont touchés par la maladie, mais là, c’est encore plus près, dit Alexandra. Ce que je voyais comme difficile, la distance et amasser des fonds, ces choses-là ne me dérangent plus vraiment autant. Il y a un an, je ne pensais pas à ce qui allait arriver. Je prenais l’année qui vient de passer comme un acquis», ajoute-elle.
Alexandra et sa famille ont vu la maladie de près et aussi comment celle-ci bouleverse une vie. «Toutes les petites choses normales qu’on prend pour acquises, quelque chose de simple comme monter l’escalier par exemple, la vie de tous les jours, toutes ces choses-là sont affectées», dit Alexandra.
C’est pourquoi elle se joint cette année à l’équipe du Club Athlétique Mansfield où elle travaille. Ils sont plus de 75 personnes à faire partie de l’équipe, et ils ont pour but de récolter 241 450$. Ils ne seront pas seuls: ils seront aussi des milliers en Ontario, en Colombie-Britannique et en Alberta à participer à l’événement. Au Québec, les bénéfices amassés iront au Centre du cancer Segal de l’Hôpital général juif de Montréal.
«Beaucoup de gens sont touchés par la maladie. Les gens veulent s’impliquer», dit Alexandra qui a déjà atteint le montant minimal de 2500$ et qui désire récolter le plus d’argent possible avant la date limite.
Quant à la préparation, la jeune femme ne s’en fait pas vraiment, puisqu’elle est en excellente forme, gagnant sa vie en tant qu’entraîneure privée. Elle a également participé à des triathlons dans le passé et est aussi pagayeuse de bateau dragon.
«Ce qui m’inquiète un peu, c’est d’avoir à être sur un vélo durant trois heures», dit-elle, en souriant.
En guise d’entraînement, elle a fait une randonnée de 60 km récemment, et elle continuera sa préparation jusqu'au 9 juillet, date de l’événement.
Mais quand même, Montréal-Québec en deux jours, ce n’est pas rien. « Mes parents me disent : ‘‘Fais attention!’’, dit-elle en riant. Mais les gens peuvent arrêter à tous les 25 km pour se rafraîchir et se reposer un peu. Il y a aussi une équipe de soutien qui nous suit et peut nous aider en cas de problème. C’est super bien organisé. »
Comme il est indiqué sur le site Web du Cyclo-défi, il ne s’agit pas d’une course. «L’important c’est pas vraiment la destination, c’est plutôt l’expérience. Mais c’est sûr qu’on veut bien faire, dit la jeune femme qui dit avoir l’esprit de compétition. On va voir comment ça va aller… Je vais réussir», conclut-elle, confiante.
Cyclo-défi Enbridge contre le cancer : les 9 et 10 juillet 2011.
Pour plus d’information: http://www.conquercancer.ca
François Nadeau




