Le dessinateur verdunois Claude Robinson gagne sa cause contre Cinar

Robert Leduc
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Après 14 ans de débat, il obtient une compensation de plus de 5,2 millions $

«Il y a des limites à l’arrogance!», voilà ce qu’a déclaré au Messager le dessinateur verdunois Claude Robinson qui vient (enfin!) de gagner sa cause contre Cinar (et quatre autres entreprises) qui avait plagié son œuvre, Robinson Curiosité.

Le dessinateur verdunois Claude Robinson gagne sa cause contre Cinar

Claude Robinson, 58 ans, habite une «petite maison bien modeste du quartier Crawford Park» – c’est lui qui le dit –, aimant bien son voisinage et les gens en général. «J’ai rencontré au cours de mes 14 ans de lutte juridique de belles et bonnes personnes», ajoute M. Robinson, qui tient à remercier tous ceux et celles qui l’ont supporté dans sa cause pour faire reconnaître son œuvre. «J’aimerais d’ailleurs réaliser une collection de portraits de tous ces gens qui m’ont entouré et appuyé, en faire comme un devoir de rappel et de reconnaissance», dit avec émotion le créateur verdunois, qui a passé la semaine dans un grand tourbillon médiatique.

Le jugement Auclair

Dans un jugement de 240 pages, le juge Claude Auclair conclut que le dessin animé de Claude Robinson, Les aventures de Robinson Curiosité, a été malhonnêtement plagié (devenu Robinson Sucroë). Il en tient responsables Cinar, Ronald Weinberg et feu Micheline Charest, le producteur télé France Animation et ses dirigeants, Christophe Izard et Christian Davin, de même que le distributeur allemand Ravensburger.

Par ce jugement, Claude Robinson obtient une compensation de 5,2 millions de dollars, plus les frais d'expertise. Le juge Auclair accorde également les intérêts accumulés depuis 1995, si bien que les défendeurs (Cinar et autres) devront payer environ 10 millions de dollars en tout.

Le juge Auclair a ordonné aux défendeurs de cesser de produire Robinson Sucroë. De plus, le magistrat a déclaré Claude Robinson propriétaire de tous les exemplaires de Robinson Sucroë et de tous les originaux, dessins et bandes magnétiques. Ces documents doivent lui être remis dans les 60 jours.

Claude Robinson est très heureux de cette grande victoire qu’il attribue aussi à tous les créateurs, comme il l’a répété avec modestie sur plusieurs tribunes au cours des derniers jours.

Extraits du jugement

«Quand la tricherie est la règle, quand on se gargarise d'honneur (...) et que le mensonge et les versions contradictoires sont la règle, on ne peut reprocher à Claude Robinson l'importance et l'amplitude de son enquête dans sa recherche de la vérité.» «La conduite des affaires de Charest, Weinberg et Izard est basée sur la tricherie, le mensonge et la malhonnêteté. Ils n'hésitent pas à trafiquer les contrats afin d'en gonfler les coûts de production pour obtenir des subventions.» «L'objectif de l'octroi de dommages punitifs est de prévenir des cas semblables et de punir ces bandits à cravate ou à jupon, afin de les décourager de répéter leur stratagème et sanctionner leur conduite scandaleuse, infâme et immorale.»

En appel?

Les opposants de Claude Robinson ont 30 jours pour interjeter appel, ce qu'ils feront probablement, estiment plusieurs avocats consultés par les médias. «S’ils vont en appel, déclare Claude Robinson au Messager de Verdun, ils devront présenter un nouveau document très détaillé. Je leur souhaite bonne chance. S’ils vont en appel, je leur réclamerai encore plus d’argent! Je ne peux pas croire et accepter que l’argent à débourser est plus grave que le fond même de cette affaire, le respect d’une œuvre, d’une création originale dans toute son intégrité».

Organisations: Ravensburger

Lieux géographiques: Quartier Crawford Park

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