«Lynn aimait faire partie de l'équipe. Elle n'avait pas besoin d'expliquer. Tout le monde là-bas comprenait ce qu'elle vivait», explique Denis Bernicky, le mari de Lynn Priest. «Et puis, c'est la même chose pour les maris des dames. On n'a pas besoin d'en parler, on comprend tous la sensation d'impuissance. Lynn, elle avait le droit de se sentir enragée avec elles, elles acceptaient cet état d'âme. C'est qu'on ressent beaucoup de colère lorsqu'on vit quelque chose comme cela.»
Lynn Clark, de LaSalle, fait partie de la gang de l'ouest depuis le début. Elle qui n'a pas de famille au Québec y a trouvé aussi le support nécessaire dans l'équipe. «Il y a un type au travail qui m'a déjà dit "Tu n'as pas l'air malade!"»
Muriel McCracken pagaie avec le groupe depuis plus de trois ans, elle qui a reçu le diagnostic du cancer du sein il y a quatre ans. «J'habite à Pointe-Claire, près de la rue Bord-du-Lac, et lorsque je voyais ces dames en rose sur le lac quelques fois par semaine, je ne m'imaginais pas qu'un jour, je ferais partie de l'équipe», avoue-t-elle. Elle n'était pas une athlète au départ, mais l'entraînement est plus que bénéfique, jure-t-elle.
«Les courses de bateau-dragon, ça a changé ma vie. Avant, je n'avais pas vraiment d'amies, j'ai élevé mes enfants… on est dans un groupe, on rencontre d'autres femmes. Si on est seules, il y en a d'autres qui sont seules. On se fait des amies», affirme Gerda Marzell, de Lachine. Selon elle, ces courses lui ont aussi permis de voyager, ce qu'elle n'aurait probablement pas accompli si elle ne faisait pas partie de l'équipe.
Elles recrutent
Qu'elles combattent cette maladie ou qu'elles soient en rémission, les filles des Dragons de l'Ouest-de-l'Île s'entraînement maintenant une à deux fois semaine, en vue des quatre tournois de l'année auxquels l'équipe prend part. Leur entraînement recommence bientôt, et elles cherchent de nouvelles coéquipières pour commencer l'année. Un bateau comprend 20 pagayeurs, une personne qui bat la cadence au tambour et un chef d'équipe. Les courses comptent entre six et huit bateaux, la course dure entre 2 et 4 minutes.
@R:Les Dragons font partie des centaines d'équipes qui sont apparues autour du monde depuis 1996. C'est l'année où le spécialiste en médecine sportive Don Mackenzie a mis sur pied première équipe à Vancouver. À cette époque, on croyait alors que l'exercice physique favorisait le retour des lymphomes, chose qui a été réfutée.
Pas besoin d'être déjà une athlète, jurent les filles. «Soyons honnêtes, mesdames, on pourrait vous rebaptiser le club social des Dragons de l'Ouest-de-l'Île», lance Denis Bernicky, l'œil moqueur. «Vrai, mais il faut faire partie d'une équipe et on cherche des gens qui souhaitent s'impliquer, pas juste être là de temps en temps», affirme Gerda Marzell. «Ah, lorsqu'on s'embarque dans le bateau, il faut ramer», de dire M. Bernicky.





