D’un ton rieur, Mme Latulippe précise: «Nous ne parlons pas de bingo». «Notre relation est enrichissante», confie de son côté Mme Deschamps. Toutes les deux, elles ont été jumelées par le Parrainage Civique de la Banlieue Ouest, qui offre du soutien qui peut englober l’aspect social et pratique ou la défense des droits des personnes vulnérables.
Lors d’une sortie typique, mesdames Deschamps et Latulippe peuvent se rendre au musée, au marché ou tout simplement déguster un cornet de crème glacée. Une excursion en particulier vient à l’esprit de Mme Deschamps: l’exposition d’Yves St-Laurent, au Musée des Beaux-Arts de Montréal, l’an dernier. «Parce qu’elle aime la haute couture, ce fut très intéressant pour elle», précise Mme Deschamps.
Mme Latulippe décrit le jumelage comme un heureux hasard. «Nous nous sommes rencontrées sur un coup de chance». Mme Deschamps est d’accord. «Nous partageons les mêmes intérêts.»
Une des choses que les deux femmes ont en commun est leur amour mutuel pour la ville de Québec. Elles racontent leurs histoires au sujet de Québec, en particulier sur le vinaigre de pomme pétillant et le gâteau au caramel.
De toute évidence, les deux femmes sont très synchronisées, à tel point qu’elles complètent la phrase de l’autre. Mme Deschamps admire Mme Latulippe qui est sa source d`inspiration, un bon exemple pour vieillir gracieusement.
En plus de ses sorties avec Mme Deschamps, Mme Latulippe fréquente un centre de jour pour personnes âgées, deux fois par semaine, pour des cours d’art et d’exercice. Elle dit que son secret pour rester jeune est de se tenir occupée et tendre les bras aux autres. «À notre âge, il ne faut pas avoir peur de demander des services d’aide», dit-elle avec conviction. «Vous devez démontrer de l’intérêt envers les autres si vous voulez qu’ils en démontrent à votre endroit.»
Comme citoyenne indépendante du troisième âge, Gemma Latulippe demeure dans son appartement depuis le décès de son mari. Grâce à la navette d’un service d’autobus, elle fait son magasinage et elle fait la plupart de ses courses elle-même.
Mme Deschamps prend plaisir à faire du bénévolat avec Mme Latulipe parce que c’est une relation amicale sans trop de responsabilités. Elle déclare: «Nous apprécions toujours nos rencontres. Nous avons une bonne chimie.» De tout cœur, Mme Latulipe en convient: «Je la considère comme ma fille aînée, j’attends avec impatience nos visites car elles me permettent d’oublier ma routine et ça me fait du bien.»




