Des personnes qui n'arrivent pas à joindre les deux bouts se présentent midi et soir dans l'immense nef de l'église Saint-Mathias, rue Adam, où l'organisme a élu domicile en 2004. Des gens à mobilité réduite ou des personnes âgées, eux, optent plutôt pour la livraison à domicile, sans compter les quelque 500 enfants qui sont nourris directement à l'école.
Le Chic Resto Pop a été fondé par 15 assistés sociaux en 1984, dans la foulée des nombreuses fermetures d'industries qui ont frappé le quartier. Ceux-ci voulaient prendre leur destin en main en créant leur propre emploi, mais aussi en freinant le gaspillage de nourriture.
Aujourd'hui encore, le Chic Resto Pop demeure le champion incontesté des bas prix: à preuve, un repas comprenant une soupe, une salade, un plat chaud, un dessert et un café ne revient qu'à 3 $. Bien sûr, un tel repas coûte beaucoup plus cher à produire, environ 5,25 $.
Avec la montée en flèche du prix des fruits et légumes, inutile de préciser que le Chic Resto Pop tire le diable par la queue. La dernière année financière s'est d'ailleurs soldée par un déficit de 20 000 $ sur un budget de 2,8 M$.
« Nous essayons de voir comment on peut réduire et contrôler nos coûts, comme une entreprise, sans toutefois augmenter nos tarifs. C'est notre dilemme: où couper sans altérer notre mission, explique la directrice générale Jacynthe Ouellette. Nous comptons sur plusieurs activités de financement pour arriver, comme celle du 12 septembre, alors que plusieurs restaurants du quartier tiendront un kiosque chez nous. Nous allons également vendre de petites bouchées aux clients pour nous financer. Il y aura aussi un spectacle dès 20 h avec Samajam, Marc Déry, Stéphanie Lapointe et Anastasia Friedman. »
Selon Mme Ouellette, qui œuvre au Chic Resto Pop depuis 22 ans, dont 17 ans à titre de directrice générale, la crise économique n'a pas provoqué une hausse de l'achalandage. « Mais nous avons moins de dons des entreprises qui, même avant la crise, avaient diminué leur production. Avant, par exemple, nous recevions des pâtes et de la sauce à spaghetti gratuitement. Maintenant, il faut tout acheter. Même les fondations ont moins d'argent. »
Au Chic Resto Pop, les gens aisés sont aussi les bienvenus et paient le même tarif que les autres, histoire de ne pas stigmatiser les personnes démunies.
Le Chic Resto Pop dispense aussi de la formation, un autre important volet de sa mission sociale. Soutenu par Emploi-Québec, qui lui verse plus d'un million par année, il aide ainsi, chaque année, 85 personnes à apprendre un métier, tel aide-cuisinier, préposé à la cafétéria, commis à la réception-expédition des marchandises et aide-éducatrice. Il pourrait éventuellement y avoir, sur la mezzanine de l'église Saint-Mathias, un restaurant avec une carte plus élevée, ce qui permettrait à l'organisme d'enseigner l'art du service.
En conférence de presse, le 9 septembre, le Chic Resto Pop dévoilera une toile de l'artiste Manon Marchan, laquelle décorera son immense cafétéria.





