Stéfanie et Florence Fortin-Brunet faisaient en effet partie d’un groupe de 19 élèves de plusieurs écoles secondaires de Montréal et d’une du Nouveau Brunswick qui a pris la direction de l’Inde, en février dernier, pour un voyage de deux semaines afin de participer activement à un programme de cinéma intensif organisé par «Enfants Entraide», un réseau d’aide aux enfants par les enfants à travers l’éducation («Free The Children, children helping children through education»), et le programme mondial de développement des jeunes de la International Youth Foundation.
Le long voyage en avion, à partir de Dorval, prévoyait deux escales, l’une à Londres, l’autre à Mumbay (Bombay). Les élèves ont séjourné à Udaipur, en banlieue de Mumbay, pour faire leur film dans lequel trois histoires différentes sont racontées en moins d’une demi-heure. Les deux élèves lachinoises ont choisi de faire le portrait d’une jeune Américaine prénommée Clare, âgée de 19 ans, qui s’est installée en Inde pour y fonder un centre de soins pour animaux, sorte d’hôpital vétérinaire, où elle accueille autant la vache sacrée que le chien errant, la brebis ou la poule…
Pour les deux jeunes filles de 16 ans, ce fut un voyage formateur certes, mais «difficile et éprouvant; tout un défi devant la tâche à accomplir, le film à réaliser et à monter, en lien avec l’histoire du pays, l’équipement à transporter», a confié Stéfanie au Messager.
Stéfanie est très contente de son expérience, exigeante mais bien encadrée par des animateurs, réalisateurs et techniciens où le travail primait sur le loisir: tournage le matin, montage l’après-midi, alors qu’il faisait trop chaud à l’extérieur, et un peu de temps pour le tourisme… «Le montage du film n’est pas encore terminé, a ajouté Stéfanie, le projet se poursuit encore et le documentaire devrait être présenté cet été au Festival Young Cuts, à Montréal, et ensuite au Collège Sainte-Anne probablement l’automne prochain, à la rentrée». «Pour moi, ce fut une très grande expérience, grâce au Collège Sainte-Anne», confie Florence, elle qui avouait quand même un peu d’inquiétude et de nervosité avant son départ.
Même si elles ont découvert le monde du cinéma, donc le secteur des communications, les deux jeunes élèves lachinoises n’ont toutefois pas encore fait leur choix pour leurs études collégiales, quoique Stéfanie s’intéresse actuellement à la publicité et au marketing.
«Ce n’était pas un voyage ordinaire, les jeunes ont passé presque tout le temps de leur séjour à tourner leur documentaire qui devait examiner des enjeux sociaux critiques et leur impact sur les jeunes, explique la directrice du programme «Free The Children, children helping children through education», Anna Crosskill, qui a accompagné le groupe pendant toute l’expédition indienne qui a duré une quinzaine de jours.
Le programme (qui peut aussi se traduire par «Réaliser le changement») envoie ainsi à chaque année une équipe d’élèves du secondaire en Inde, au Kenya ou au Mexique pour faire du bénévolat et pour explorer des thèmes globaux importants au travers la réalisation d’un film. «Épaulés par un réalisateur d’expérience, les jeunes cinéastes en herbe tournent un documentaire sur leur périple qu’ils peuvent ensuite montrer à leurs pairs. Tournés en français et en anglais, les films créés par ces jeunes sont ensuite visionnés par des élèves dans des salles de classe à travers le Canada dans le but de les informer sur des enjeux sociaux internationaux et de les encourager à passer à leur tour à l’action», ajoute Mme Crosskill .
L’année dernière, le film Réaliser le changement au-delà de la frontière, tourné dans la région frontalière du Mexique et des États-Unis, a gagné le prix du meilleur film adolescent au Festival Young Cuts. Les élèves qui sont allés à Udaipur cette année pourraient ainsi à juste titre espérer que leur film connaisse le même succès.





