Le métier d'enseignant n'est pas le plus facile. Les jeunes peuvent ébranler votre confiance ou encore vous soutirer de toute votre énergie. Imaginez alors que vous travaillez auprès d'une clientèle souffrant de déficience intellectuelle (DI) et de troubles envahissants du développement (TED).
Marc-André Huot connait bien cette situation, mais il ne la changerait pas. Il enseigne l'éducation physique depuis maintenant cinq ans à l'école Le Tournesol. Cet établissement accueille des jeunes souffrant de DI, de moyenne à sévère, et de TED jusqu'à l'âge adulte.
Ce père de famille a remarqué lors de ses études à l'université qu'il manquait un élément important dans le programme. « Je me suis rendu compte qu'il y avait peu de cours qui ciblaient les élèves en difficulté. C'est un manque. Je me posais de nombreuses questions sur le sujet. Lors de ma maîtrise, j'ai fait un mémoire sur ce milieu. J'ai constaté qu'il manquait énormément de ressources, comme des intervenants ou des psychologues, dans les écoles régulières pour répondre aux élèves en difficulté. Les enseignants n'ont pas le temps d'adapter l'apprentissage pour ces jeunes. »
Cette recherche l'a amené à rencontrer les employés de l'école Le Tournesol. Il a commencé à y enseigner à temps partiel pendant qu'il finissait ses études universitaires. Il y entamera en septembre sa sixième année d'enseignement à temps plein.
Améliorer la qualité de vie des jeunes et des familles
Les jeunes apprennent les mêmes éléments que les autres enfants, mais ils sont adaptés à leur développement. « Si l'activité de la classe est d'apprendre à lancer et à attraper le ballon, je vais faire l'exercice avec le jeune pour qu'il comprenne ce qu'il fait. Des fois, je vais demander à l'intervenante de lancer le ballon au jeune pendant que j'accompagne les mouvements de l'enfant. Je prends ses mains et je lui montre comment attraper le ballon. Après quelques reprises, il comprend l'exercice et peut le faire seul. Quand il réussit à le faire par lui-même, c'est une victoire », affirme M. Huot.
L'adaptation a aussi été faite sur la notation des exercices. « Nous ne notons plus avec des lettres. Dans nos bulletins, nous expliquons l'exercice, comme de dribler ou d'attraper un ballon, et nous ajoutons s'il s'est amélioré ou s'il a maintenu ce qu'il a acquis. Si le jeune ne peut pas dribler à une main, je ne vais pas diminuer sa note. Il a maintenu ce qu'il a acquis. Certains enfants ne peuvent pas dépasser un certain niveau. Avec cette notation c'est beaucoup plus clair pour le parent », indique l'enseignant.
À l'école Le Tournesol, une piscine adaptée a été construite pour permettre à tous d'apprendre à vivre avec l'eau. « Tous les élèves ont des activités dans la piscine. Ils apprennent à nager, mais aussi à ne pas avoir peur de l'eau. Certains en sont terrifiés. Cette piscine adaptée permet aux enfants d'apprivoiser cet élément », exprime M. Huot.
Pour le bien de tous
Les efforts des professeurs et de la direction de l'école le Tournesol permettent, en plus de valoriser les jeunes, de donner un répit aux parents. « Au défi sportif, et tout au long de l'année scolaire, les parents voient leurs enfants accomplir quelque chose par eux-mêmes. Ils en sont immensément fiers », admet-il.
Leur travail permet aussi d'aider ces jeunes à se développer. « Les choses qu'on apprend à ces enfants vont leur permettre d'améliorer leur qualité de vie. S'ils aiment le sport, ils vont rester en forme et en santé dans leur vie d'adulte. Les notions qu'ils apprennent en classe vont leur permettre d'être plus autonomes. »
Marc-André Huot ne fait pas ce qu'il fait pour obtenir de la gratitude. « Je suis heureux dans ce que je fais. Je ne le fais pas pour la reconnaissance non plus. Je m'ennuie davantage de mes élèves qu'eux s'ennuient de moi. Certains ne se souviennent pas vraiment de moi après l'été. Je veux simplement améliorer les choses. C'est pour ça que je fais ce que je fais », confie-t-il.





