Coiffeuses de formation et de profession, les deux femmes ont décidé de se lancer dans la réalisation de prothèses capillaires.
« Ayant vécu de près une situation semblable – ma mère a souffert de cancer – je sais que ce n’est pas évident. Je connais les appréhensions de ces femmes », explique Mme Bourget.
Encore aujourd’hui, le cliché de la « moumoute » fait peur à plusieurs et le sujet demeure tabou. Selon elles, il arrive que la famille immédiate ne soit pas au courant du fait qu’elles portent une prothèse capillaire.
L’implication des deux coiffeuses va au-delà des soins esthétiques. À coups de ciseaux et de fer plat, elles remodèlent l’estime de leurs clientes.
« Tout le côté social de la vie de ces femmes [qui souffrent d’alopécie, c’est-à-dire une perte de cheveux partielle ou totale] est affecté. Souvent, elles vont s’empêcher de sortir, de se baigner ou d’aller dans les lieux publics. Elles croient que les gens ont les yeux rivés sur le dessus de leur tête. Ça affecte aussi leurs relations interpersonnelles. Certaines ont peur que leur conjoint ne les trouve plus attirantes », ajoute Mme Roy.
« Avec leurs prothèses, elles reprennent le goût à la vie et le goût d’aller chez le coiffeur », renchérit Mme Bourget.
Alors que la pose de la prothèse se fait en privé, la mise en plis, elle, se fait à l’avant, en compagnie des autres clientes. Les femmes peuvent alors discuter des derniers potins et de leur quotidien.
« Elles vont nous raconter tout plein d’anecdotes. On est les seules à être au courant, car bien souvent, elles ne se sentent pas à l’aise de parler de ça avec les autres », estime Mme Bourget.
Bref, une thérapie… comme chez le coiffeur!
Kathy Roy et Sylvie Bourget en trois questions :
1- Qui est votre inspiration dans la vie?
« Les femmes, en général. Surtout celles qui sont aux prises avec un problème d’alopécie. On voit qu’elles sont malheureuses et ça nous donne le goût de continuer.
2- Quel est votre plus grand accomplissement?
Il y en a plusieurs. À chaque fois que qu’on voit une cliente repartir avec le sourire ou qu’elle pleure de bonheur, on a le sentiment du devoir accompli.
3- Si vous pouviez changer une seule chose dans le monde, qu’est-ce que ce serait?
Faire en sorte que les femmes qui souffrent de perte de cheveux sachent qu’elles ne sont pas seules et qu’il y a des ressources pour elles.




