Infirmière auxiliaire à l'emploi d'un centre d'accueil pour religieuses, Ginette Simard a subi un lock-out d'un an qui l'a conduite à revoir son orientation professionnelle en 1998. À 42 ans, Ginette a créé avec l'aide du CLD-Verdun, sa propre entreprise spécialisée dans la vente de trousses de premiers soins et de cours de secouriste, sous le nom de Santé-Sécurité Simard. Celle-ci a réussi à se faire un nom dans ce service très spécialisé où la réputation du fournisseur est souvent la seule référence. Des trousses de premiers soins, Ginette en prépare et en vend pour les chantiers de construction, pour de grandes entreprises et des institutions comme Bombardier, les Forces armées du Canada, le ministère du Tourisme du Québec et les commissions scolaires. «J'ai eu jusqu'à trois instructeurs et une adjointe administrative sous ma responsabilité», précise Ginette Simard en rappelant une anecdote émouvante à propos de son fils, qui a réussi à sauver les trois doigts sectionnés d'un collègue lors d'un accident sur son lieu de travail. Le fils de Ginette, Jean-François avait suivi les enseignements de sa mère.
Devenue femme d'affaires, Ginette n'a rien perdu de son empathie pour la communauté. «Du bénévolat, on n'en a toujours fait avec mes filles et mon garçon», assure Ginette Simard. La famille de Ginette a donc poursuivi son engagement à la Société Saint-Vincent-de-Paul en participant à la cueillette de denrées et de dons pour la guignolée. Par la suite, il y a cinq ans, Ginette Simard adhérait au Club Richelieu-Verdun, dont elle a été présidente pendant deux ans. Parmi les oeuvres du Club figure le camp de vacances pour les jeunes et l'Harmonie.
L'altruisme de Ginette Simard la conduira d'ailleurs à s'occuper activement de l'Harmonie, dont elle est vice-présidente. Fondée en 1989 pour permettre aux jeunes peu fortunés des écoles de Verdun, de faire de la musique et de participer à un orchestre, l'Harmonie a suscité des passions, a fait découvrir des talents pour la musique et parfois même, a fait naître des couples aujourd'hui mariés. «Sans l'Harmonie, des élèves du secondaire auraient décroché», insiste la vice-présidente.
Vivre selon nos moyens
Adeptes de la simplicité volontaire, Ginette et son mari Robert, infirmier de profession, partagent une voiture et habitent un modeste logement qui sert également de bureau. Pour Ginette, le fait de cueillir des fleurs dans sa cour et d'en donner à la voisine ou de trouver les sous pour remplacer la clarinette brisée d'une musicienne de l'Harmonie, «c'est la petite goutte de bonheur parce que quand tu es content, les autres le deviennent».
«On change le monde, un geste après l'autre»,a-t-elle répétée à quelques reprises dans l'entrevue. Selon Ginette Simard, de jeunes musiciens de l'Harmonie issus de familles aux moyens financiers très limités, qui ont reçu en cadeau des billets de spectacle ou des affiches de cinéma, se sont sentis vraiment comblés. De tels gestes font plaisir à voir et à vivre.
Ginette Simard en 3 questions
1 Qui est votre modèle?
Jean-Paul Gauthier, co-fondateur du Club Richelieu de Verdun en 1949.
2 Quelle est votre plus grande réalisation?
D'avoir recueilli des dons pour acheter des instruments de musique aux jeunes de l'Harmonie.
3 Si vous pouviez changer une seule chose dans le monde?
L'ouverture de chacun aux autres.




