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Jo-Ann Blouin : savoir développer les festivaliers de demain

« Un bon film pour enfants est avant toute chose, un bon film. On peut parler de la mort, du cancer et de bien des sujets plus sensibles si c’est bien fait », dit Jo-Ann Blouin, présidente et fondatrice du Festival international du film pour enfants de Montréal. (Photo: Alarie Photos – Jacques Pharand)

« Un bon film pour enfants est avant toute chose, un bon film. On peut parler de la mort, du cancer et de bien des sujets plus sensibles si c’est bien fait », dit Jo-Ann Blouin, présidente et fondatrice du Festival international du film pour...

Philippe Beauchemin
Publié le 15 Mars 2011
Publié le 14 Mars 2011
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La Petite-Patrie

Lorsque nous avons rejoint Jo-Ann Blouin, présidente du Festival international des films pour enfants de Montréal (FIFEM), l’événement battait son plein. Entre deux représentations, elle a pris le temps d’expliquer sa démarche et son amour du cinéma destiné aux plus jeunes.

Sujets :
Montréal , Amérique , Suède

« J’ai toujours travaillé dans les arts pour jeune public. Cela a commencé par une « jobine » d’été dans une troupe de théâtre pour enfant, quand j’avais 16 ans. Puis sont venus la marionnette, la danse contemporaine et, finalement, le cinéma, il y a de ça 14 ans maintenant. C’est seulement à ce moment-là que je me suis rendue compte que j’étais vraiment à ma place. »

C’est à Jo-Ann Blouin que l’on doit un événement unique à Montréal, voire en Amérique : la tenue d’un festival professionnel de films dédiés aux enfants, où l’on retrouve un jury (d’enfants!), des films en compétition officielle, des représentations spéciales, des rencontres avec des cinéastes internationaux et des remises de prix. Aujourd’hui, le FIFEM fête sa 14e édition et est devenu un incontournable pour les amateurs de cinéma familial et, plus précisément, pour les enfants.

« J’aime penser que je forme ici les futurs spectateurs des grands festivals de cinéma du monde. Je permets aux enfants de voir des films qu’ils ne pourraient pas voir ailleurs qu’au FIFEM, de s’ouvrir vers d’autres cultures et de se rendre compte qu’il n’y a pas juste les Américains qui font des films jeunesse. Je pense sincèrement que l’identité culturelle d’une nation se développe en côtoyant d’autres cultures et en voyant ce qui se passe ailleurs. Il n’est jamais trop tôt pour commencer. »

À la question « vous devez aimer les enfants pour travailler aussi fort à produire un tel festival? », Mme Blouin répond en riant : « non, pas spécialement! »

Un jour, ces petits cinéphiles deviendront des connaisseurs du 7e art - Jo-Ann Blouin

« Sans farce, oui j’aime les enfants, mais c’est pour l’amour du cinéma que je fais ce festival. Je trouve extrêmement dommage que nos enfants n’aient pas un accès plus facile aux productions internationales. Il y a tellement de bons films qui se font ailleurs, il faut leur donner la chance de les voir! Vous savez, on développe leur esprit critique ici. Un jour, ces petits cinéphiles deviendront des connaisseurs du 7e art et, qui sait, influenceront également la qualité du cinéma fait ici. Pour ce faire, il faut commencer par leur ouvrir les yeux et leur permettre de goûter à autre chose que le cinéma pâté chinois américain. C’est bon le pâté chinois, mais on ne peut pas en manger à tous les jours; il faut varier le menu! »

Jo-Ann Blouin en 3 questions Qui est votre modèle?

Je n’ai pas vraiment de modèle, mais plus des inspirations. Comme Bitte Eskilson, une femme qui travaille depuis 30 ans à l’avancement du cinéma pour enfants en Suède.

Quelle est votre plus grande réalisation?

Ce festival, bien évidemment. Ce n’est tellement pas facile de se démarquer ici à Montréal, avec tous les festivals. Je pense que j’y parviens.

Si vous pouviez changer une seule chose dans le monde?

L’accès à l’éducation pour tous! Jeunes, vieux, pauvres riches… C’est tellement important. Comme disait mon père : l’éducation c’est comme la grippe : quand tu l’as, ça paraît!

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