Je suis l’une de ces «magasineuses» de dernière minute. L’une de celles, l’air épuisé, sans liste d’emplettes cohérente, qui improvise. Je n’en suis pas fière, mais c’est ce que je suis. Chaque année, je me dis que l’an prochain, je vais m’y prendre autrement. Et chaque fois, je fous rien et me réveille le 18 décembre en me disant : «CIEL! Pourquoi je me suis encore fait prendre!» Mais, rassurez-vous, je m’en sors toujours. Je suis efficace lorsque je fonctionne sous pression.
Entre le magasinage frénétique, les «party» successifs et notre nostalgie face à ce que devrait être cette fête religieuse, on y perd tous un peu notre âme.
Dans un spécial de Noël de Charlie Brown, notre pauvre Charlie s’exclamait : «Je ne comprends pas Noël. Plutôt que de me sentir heureux, je me sens triste.» J’ai des nouvelles pour toi, mon garçon, nous sommes tous comme toi.
Nos attentes sont à la hauteur de nos déceptions. Le «blues» des fêtes frappe chaque année lorsque les gens réalisent le fossé entre leurs espoirs et la réalité (mes remerciements à Hollywood et aux spéciaux télévisés de Hallmark)!
Mais leur réalité n’est pas si terrible, sauf qu’ils ont l’intime conviction que celle des autres est plus rose que la leur.
Je peux vous assurer que toute famille a ses petites rivalités intestines et son oncle ivre qui raconte des sottises à table. Assez pour vous faire courir au centre d’achat et pointer le père Noël d’un doigt accusateur en lui criant : «T’es qu’un menteur!»
Mais Noël n’est pas vraiment décevant; vous devez simplement réajuster vos attentes.
Nos espoirs tordus nous font espérer de la neige pour Noël. On s’en fout le reste de l’année, mais le 24 décembre, il DOIT neiger, sinon c’est la panique! La chanson «White Christmas» a établi une règle immuable. Nous autres, humains, sommes tellement une source intarissable d’études en manipulation psychologique. N’est-ce-pas?
Parce que Noël est essentiellement une affaire de relations humaines. Les cadeaux, les repas hyper-calorifiques et l’alcool à profusion sont là pour que l’on se disent : «Je t’aime et le monde serait moins agréable si tu n’étais pas là.» -
Anyway. J’aime les fêtes. J’aime cette période de l’année où les gens peuvent être un peu plus sympas et compréhensifs les uns envers les autres. Quand j’entends à la radio «I’ll be Home for Christmas», j’ai le coeur qui frémit et je veux être à la maison. Je veux être sur le divan du salon en pyjama, le matin de Noël, avec ma famille dysfonctionnelle, en train de siroter un chocolat chaud en écoutant «Elf» pour la troisième fois. Quelque chose en moi désire profondément ce à quoi je ne tiens pas nécessairement à faire le reste de l’année.
Parce que Noël est essentiellement une affaire de relations humaines. Les cadeaux, les repas hyper-calorifiques et l’alcool à profusion sont là pour que l’on se disent : «Je t’aime et le monde serait moins agréable si tu n’étais pas là.»
Parfois, le tout est maladroit et trop commercial. Mais ce qui rend magique les fêtes c’est l’intention derrière. L’intention d’être transporté à une époque où rien ne nous inquiétait, et où les filtres sociaux et les chagrins n’existaient pas.
Une époque où les arbres de Noël dominaient nos petits corps d’enfants, et où nous croyions que le père Noël existait et que nos parents vivraient pour toujours…




