Rappelons que dans un concert de musique indienne, il y a toujours un bourdon, un son enveloppant qui précède la musique et reste en suspens quand les autres instruments se taisent. Ce bourdon est habituellement produit par un instrument appelé tanpura et sa présence symbolise l'anahata autour de nous. C'est la rivière éternelle de sons d'où émergent les rythmes et les mélodies et où ils retournent éventuellement.
Rives & Dérives, la composition que présente Sandeep Bhagwati, recrée le bourdon au moyen des sirènes et des cornes de brume des bateaux. Le fleuve et les bateaux jouent le rôle du bourdon constant mais en perpétuel changement qui enveloppe les spectateurs. Des mélodies émergent de ce fleuve et sont ponctuées par des vagues percussives et par des sons émis par les chanteurs placés dans la foule.
Ces derniers ne créent pas la musique mais improvisent avec les sons environnants ; ils se promènent dans la foule pour que les spectateurs entendent une mélodie qui va et qui vient, donnant l'impression d'écouter les sons du fleuve.
(Source: Pointe-à-Callière, musée d'archéologie et d'histoire de Montréal)



