Voici quelques extraits d'une entrevue réalisée avec elle.
Tout d'abord, expliquez-nous quel est votre rôle auprès des familles.
« Je fais de l'accompagnement émotionnel en étant toujours présente pour les parents lorsqu'ils ont besoin de nous. Je suis aussi le porte-voix de ces familles en m'assurant que l'enquête avance pour que les parents puissent connaître un dénouement.
« En nous appelant, ce n'est pas un thérapeute qu'ils recherchent. Parfois, c'est parce que ça fait longtemps qu'ils n'ont pas eu de nouvelle de leur enquêteur. Ils peuvent penser que leur dossier n'est plus important parce qu'il y a eu un cas de disparition plus récent. »
Quelle est votre relation avec la police?
« Une partie importante de notre travail, c'est de faire comprendre aux différents corps de police ce que les familles vivent lorsqu'ils sont dans l'attente, qu'ils n'ont pas de réponse et que le temps avance. On est aussi bien placé pour comprendre ce que les policiers vivent, lorsqu'il y a une autre disparition criminelle ou lorsqu'il n'y a plus d'information qui alimente un dossier.
À la différence des policiers, notre rôle n'est pas de faire de l'enquête et nous devons faire comprendre aux parents les limites de celle-ci. »
À votre avis, que faudrait-il faire de plus pour retrouver les enfants portés disparus?
« Avoir des personnes ressources, des enquêteurs chevronnés à leur retraite qui collaborent et se rendent sur les lieux d'une disparition, comme ce que fait l'escouade spéciale en Ontario.
« Tant qu'un enfant manque à l'appel, on a pas tout fait pour lui. Il faut former les policiers en continu et leur rappeler que les premières heures d'un signalement sont cruciales. En très peu de temps, l'enfant peut se retrouver dans une autre province. »
Reconnaître les situations à risque
Enfant-Retour réussit à rejoindre plus de 10 000 jeunes chaque année à travers les Commissions scolaires ou encore les Centres de la petite enfance par l'entremise de son programme de prévention, mis sur pied par Mme Arcamone.
« On y va à travers le jeu, avec des marionnettes pour les tout-petits et des mises en situation pour les plus grands. Nous devons les outiller pour qu'ils puissent reconnaître les situations à risque », explique-t-elle.
« Ils doivent savoir que s'ils ne se sentent pas en sécurité, ils ont le droit de dire non. On cherche aussi à favoriser leur estime de soi », poursuit-elle.
L'organisme cible aussi quelques centaines de parents et d'intervenants sociaux en organisant des ateliers pour prévenir le risque d'enlèvement parental, notamment dans les centres d'hébergement pour femmes.
À cela s'ajoute les cliniques d'identification où Enfant-Retour remet gratuitement aux parents un carnet d'identité dans lequel se trouve toute l'information permettant d'accélérer les recherches en cas de disparition. C'est l'occasion, du même coup, de transmettre quelques conseils de sécurité aux enfants.





