Le projet défendu par ces organismes, dont le Regroupement économique et social du Sud-Ouest (RESO), le Conseil régional en environnement de Montréal et Mobilisation Turcot, contient une série de mesures pour réduire le nombre de véhicules: mise en service du réseau de tramway et son prolongement vers Lachine, celle d'une voie réservée aux transports collectifs, au covoiturage et au taxi, augmentation de l'offre de services de trains de banlieue, instauration d’un service de navette ferroviaire entre l'aéroport et le centre-ville, réduction de la capacité routière de l'autoroute Ville-Marie et de l'autoroute 20 à l'ouest de l'échangeur Turcot.
La coalition estime que ce scénario permettrait de retirer 28 000 véhicules de la circulation. Plus de 35 000 personnes pourraient se rendre au centre-ville autrement qu'en auto-solo, fait-on valoir, rappelant que le projet du MTQ prévoit un transfert modal de la voiture aux transports collectifs de 5000 personnes. Moins de véhicules se traduirait par une amélioration de la qualité de l'air et une diminution des émissions de gaz à effet de serre.
Pour ses promoteurs, la solution alternative présente également des avantages tant sur le plan de l'aménagement urbain que d'un point de vue économique. Le développement des terrains de l'ancienne cour de triage Turcot combiné à la transformation de l'autoroute 20 en boulevard urbain, permettrait à leur avis de revitaliser et de développer un important secteur du sud-ouest. On y favoriserait la création d'un nouveau quartier, ce qui stimulerait l'économie locale tout en contribuant à attirer de nouvelles familles sur le territoire montréalais.
D’autre part, contrairement à la proposition du MTQ qui prévoit le déplacement de l'autoroute 20 vers le nord au pied de la falaise St-Jacques, les organisations proposent plutôt de conserver les infrastructures dans le sud de la cour Turcot assurant ainsi la mise en valeur de l'éco-territoire de la falaise.
On peut prendre connaissance du scénario détaillé au www.cremtl.qc.ca.
Le mémoire déposé par le RESO dans le cadre des audiences du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement contient plusieurs recommandations qui vont dans le même sens, dont la mise en place de mesures favorisant le transport collectif et actif.
Le RESO recommande de revoir la nécessité d’un lien autoroutier continu dans l’axe de l’autoroute 720 et d’y concevoir une infrastructure de type boulevard urbain à accès limité au centre de l’espace compris entre la falaise Saint-Jacques et le canal. À son avis, cela favoriserait le développement d’un secteur urbain mixte et la mise en valeur du potentiel écologique présenté par la falaise.
L’organisme recommande aussi d’étudier la possibilité de construire en souterrain ou en structure encapsulée la section de l’échangeur qui traverse les secteurs plus densément peuplé, comme Côte-Saint-Paul. Il propose par ailleurs de revoir le projet pour éviter les expropriations, notamment dans le secteur des Tanneries.
Et plus que tout, alors que l’impopularité du projet du MTQ fait quasiment consensus, le RESO recommande au ministère de collaborer avec toutes les parties intéressées et concernées afin de «concevoir un projet de reconstruction moderne et novateur». (A.D.)


