Le gouvernement conservateur ne rend pas justice à Notre-Dame-de-Grâce–Lachine
En matière de dépenses de relance et d’assurance-emploi
Au chapitre des dépenses d’infrastructure, les Conservateurs aiment bien clamer qu’ils «débloquent l’argent promis». Mais qu’en est-il au juste?
Mis à part le Fonds de la taxe sur l’essence et le remboursement de la TPS, le Parlement a approuvé 2,9 milliards de dollars de projets d’infrastructure en 2008-2009. Selon les divulgations proactives d’Infrastructure Canada, entre le 1er avril et le 31 décembre 2008, les conservateurs n’ont décaissé de ce montant que 900 millions de dollars, ce qui laisse dans les limbes deux milliards de dollars pour cet exercice.
Les comptes publics confirment que, depuis son entrée en fonction, le gouvernement Harper a laissé plus de deux milliards de dollars en fonds d’infrastructure se périmer (l’argent est approuvé, mais il n’est pas dépensé) entre 2006 et le 31 mars 2007.
C’est inacceptable. À un moment où les provinces et les municipalités ont cruellement besoin de cet argent, le gouvernement conservateur fait preuve de grossière incompétence en laissant ces fonds se périmer.
Soyons clair. Il existe deux façons bien différentes d’engager des dépenses d’infrastructure: celle des Conservateurs qui consiste à approuver au cas par cas les projets (ce qui entraîne de longs et inutiles délais) et la proposition libérale en matière de taxe sur l’essence. Au lieu d’approuver les projets au cas par cas, mon parti préfère verser les crédits d’infrastructure dans le Fonds de la taxe sur l’essence.
Selon la Fédération canadienne des municipalités, le transfert de la taxe sur l’essence aux municipalités leur offre le moyen le plus efficace, transparent et efficient d’améliorer leur infrastructure et de démarrer les projets tout de suite. Le Parti libéral est d’accord. Malheureusement, le gouvernent conservateur refuse de changer sa façon d’engager les dépenses de relance.
Voici les faits:
Depuis sa création en 2005 jusqu’à la fin de 2010, le fonds de la taxe sur l’essence aura procuré 608 816 $ à Montréal-Ouest. Si les conservateurs avaient, comme nous le proposions, investi la moitié de ses fonds de relance de 4 milliards de dollars dans le transfert de la taxe sur l’essence, Montréal-Ouest recevrait 243 000 $ de plus cette année. Dorval a reçu 2 008 700 $ dans la même période alors que, suivant notre plan, il recevrait 803 000 $ de plus cette année.
En matière de dépenses d’infrastructure, les conservateurs ne comprennent rien à rien. Pour empirer les choses, ils font à peu près comme si Montréal n’existait pas puisqu’il s’avère que leur gouvernement s’est servi du Fonds Chantiers Canada pour injecter de l’argent dans les circonscriptions conservatrices au détriment des nôtres.
Puis il y a l’assurance-emploi.
Les conservateurs de Harper refusent opiniâtrement d’admettre que le système est vicié.
La régionalisation des normes d’assurance-emploi mène à des situations absurdes où les employés d’une même entreprise sont assujettis à des critères d’admissibilité à l’assurance-emploi qui sont différents.
Pour avoir droit à l’assurance-emploi à Montréal, il faut travailler au moins 595 heures. Or, dans d’autres régions du Québec, le seuil est beaucoup plus bas et dans certaines régions il suffit de travailler 420 heures.
Ce n’est là qu’un exemple de l’iniquité des critères d’admissibilité à l’assurance-emploi – preuve de plus qu’il faut réformer tout de suite le système pour aider les Canadiens en cette période de grandes difficultés économiques. C’est pourquoi mon parti demande au premier ministre Harper d’instaurer immédiatement une norme nationale d’assurance-emploi.
En refusant de changer le système d’assurance-emploi, le gouvernement manifeste un effroyable manque de compassion pour les travailleurs vulnérables mis à pied pendant cette récession.
Les Montréalais, et tous les Canadiens, qui ont perdu leur emploi doivent pouvoir accéder sur un pied d’égalité, sans égard à leur code postal, au soutien dont ils ont besoin et pour lequel ils ont payé. C’est une affaire de justice.
Marlene Jennings
Députée de Notre-Dame-de-Grâce–Lachine