Un des projets du Comité Graffiti de Lachine: le mur légal autorisé aux graffitis permet aux jeunes de s’exprimer en toute légalité.
(Photo: Courtoisie)
SOS prévention graffitis
Le déjeuner du RALI rassemblait des intervenants de la sécurité publique
Le déjeuner du Regroupement Affaires Lachine Inc. (RALI) du 25 mars dernier avait pour but d’informer les gens sur les enjeux et les rôles des différents intervenants dans le dossier de la sécurité publique. Parmi les programmes de l’arrondissement ayant cette visée en tête: le Comité Graffiti.
Les entreprises sont grandement préoccupées par les graffitis sur leur bâtisse. C’est entre autres pourquoi policiers, agent de prévention des incendies et responsables du Comité Graffiti savouraient un déjeuner avec les membres de RALI mardi dernier. L’objectif de cette rencontre était de présenter les mesures qui sont prises pour promouvoir la sécurité à Lachine.
Stéphane Huneault, agent de police sociocommunautaire, explique que le programme de sécurité publique comprend quatre axes d’intervention: la prévention, la sensibilisation et l’animation, l’enlèvement des graffitis et la répression comme solution optimale. «Particulièrement pour les jeunes, nous favorisons tout le temps la chance et d’autres mesures judiciaires que le dossier criminel», soutient David Pilote, agent qui siège sur le comité.
Avec un horaire chargé en événements et programmes de sensibilisation, le Comité Graffiti et ses collaborateurs voient une nette amélioration depuis son implantation en 2003. Huguette Rivière, coordonnatrice du RALI, précise l’effet de l’enlèvement des graffitis financé par l’arrondissement: «Normalement, après avoir fait nettoyer son établissement six fois, le commerçant constate qu’il n’y a plus de récidive de la part des graffiteurs.»
«Toutes nos interventions aident à long terme, mais nous voyons déjà une énorme différence visuellement», affirme pour sa part M, Uno.
Dessiner contre les graffitis
Parmi les mesures concrètes de prévention des graffitis, un mur légal est mis à la disposition des graffiteurs; ils peuvent ainsi y laisser aller leur créativité. Huguette Rivière connait bien le dossier. Selon elle, il est essentiel de conserver ce genre de surface. «Cela permet aux jeunes de s’exprimer et de se faire voir en évitant les tags et le vandalisme d’édifices publics.»
Les activités du programme comprennent également des expositions de graffitis, des concours de dessins, de la sensibilisation dans les écoles tant primaires que secondaires, des festivités où les jeunes peuvent taguer des panneaux et des ateliers d’art graffiti.
«Les activités rassemblent nos graffiteurs, ce qui nous donne l’occasion d’intervenir directement auprès d’eux.», affirme M. Huneault.
Lynn Thibault, chef de division sociale à l’arrondissement de Lachine, confie: «Nous encourageons les jeunes à développer leur signature, mais à l’apposer à la bonne place. On leur transmet l’idée qu’il y a des possibilités de carrières reliées au graffiti tels que le graphisme ou la bande-dessinée.»
Mme Thibault fait savoir que les intervenants qui agissent auprès des jeunes sont passés par là ou connaissent le milieu, mais s’en sont sortis. «Nous prêchons par l’exemple plutôt que d’avoir un discours moralisateur.»