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La pollution sonore: un dialogue de sourds

Pascal LeBlanc par Pascal LeBlanc
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Article mis en ligne le 26 juillet 2007 à 15:52
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La pollution sonore: un dialogue de sourds
Le passage des avions au dessus de Saint-Laurent fait en effet grand bruit dans l’arrondissement. (Photo: Martin Alarie)
La pollution sonore: un dialogue de sourds
Véritable raz-de-marée, le courant environnemental rappelle du coup que la pollution est omniprésente et revêt plusieurs formes. Une qui fait beaucoup de bruit à Saint-Laurent est la pollution sonore causée par les avions qui volent au-dessus du territoire. Bon nombre de résidants se disent dérangés, et ce, depuis longtemps.
Bien que l’aéroport Montréal-Trudeau soit en partie situé à Saint-Laurent depuis le début des années 1940, les problèmes de bruit ont véritablement commencé beaucoup plus tard pour les Laurentiens. En 1996, la direction d'Aéroports de Montréal (ADM) a modifié sa politique d’assignation des vols passagers internationaux et permis aux transporteurs réguliers d’opérer à partir de l’aéroport de leur choix. Tous les transporteurs réguliers ont opté pour Dorval, ne laissant à Mirabel que les vols nolisés internationaux.

Conséquemment, les mouvements aériens ont augmenté au-dessus de la métropole, ce qui a eu pour effet d’affecter la tranquillité des gens habitant près de l’aéroport. C’est ainsi que le groupe Citoyens pour une qualité de vie s’est formé. Une bataille juridique s’en est suivie. «Au départ, nous avions gagné, ensuite nous avons perdu. C’était tout à fait ridicule et insensé», commente Jean-Guy Boutin, membre de l’exécutif.

Au début de l’an 2000, ADM lance un dépliant expliquant ses restrictions de vols. Les avions ne peuvent, en général, survoler Montréal entre minuit et 7 heures. Mais dès le mois d'avril, des vols se font aux petites heures du matin.

«Ils trichent en mentionnant un régime d’exception, mais en fait, ils violent constamment leur réglementation sur l’exploitation des pistes entre minuit et 7h», indique M. Boutin. Les Citoyens pour une qualité de vie procèdent donc à un recours collectif.

Leur requête est refusée, mais le groupe décide d’aller en appel. Une décision, toujours attendue, aurait dû être rendue en octobre 2006.
De nouveaux désagréments?
Depuis l’automne 2004, tous les vols passagers sont consolidés à Dorval. Pourtant, l’augmentation des mouvements aériens n’a pas significativement augmenté, car seulement 5000 atterrissages et décollages de plus ont été recensés entre 2004 et 2006.
«On compte environ 40 vols de plus par semaine depuis que Mirabel est fermé aux passagers, précise Christiane Beaulieu, vice-présidente aux affaires publiques chez ADM. Les compagnies aériennes remplissent plus leurs avions qu’auparavant, c’est pourquoi il n’y a pas vraiment plus de vols.»

Une nouvelle modification au système de pistes préférentielles, le 28 septembre dernier, semble problématique pour des habitants du nord de l’arrondissement. La trajectoire des vols a notamment été modifiée, ce qui incommode les résidants d'autres secteurs.

Mme Beaulieu assure toutefois que ce changement a été fait dans le but de soulager Saint-Laurent. «En passant au-dessus de la 13, la densité de population touchée est réduite», explique-t-elle.

En 1995, ADM estimait à 107 300 le nombre de personnes affectées par la pollution sonore causée par les avions. En 2005 ce nombre est passé à 29 992, une baisse de 72%.

Malgré cette amélioration, Christiane Beaulieu affirme qu’«il va toujours y avoir des gens qui vont être directement touchés par le bruit des avions. Les villes n’ont qu’à ne pas donner de permis d’habitation.»

Selon Mme Beaulieu, de nouveaux moyens de réduire la pollution sonore sont constamment étudiés par ADM et ses partenaires. Le Comité consultatif sur la gestion du climat sonore, qui regroupe entre autres des représentants de l’arrondissement, considère toute proposition de changement aux critères acoustiques d'utilisation et aux procédures d'atténuation du bruit. De plus, les avions modernes sont maintenant sujets à des critères beaucoup plus sévères concernant leur niveau de bruit.

(Photo: Martin Alarie)

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