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«Saint-Laurent, c'est chez nous»

Une famille établie de longue date se livre

Pascal LeBlanc par Pascal LeBlanc
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Article mis en ligne le 6 juillet 2007 à 11:20
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«Saint-Laurent, c'est chez nous»
Hélène Grou et ses filles Valérie et Catherine Matte sont Laurentiennes avant tout. (Photo: Courtoisie)
«Saint-Laurent, c'est chez nous»
Une famille établie de longue date se livre
Tous ont probablement déjà éprouvé le sentiment de bien-être que l’on ressent lorsqu’on revient chez soi après une certaine période d’absence. Dès le moment où l’on franchit les limites de ce lieu particulier, une sensation agréable et réconfortante nous envahit. Que ce soit notre maison, notre chambre, notre pays, notre ville ou notre quartier, se retrouver dans cet endroit familier revêt une grande signification. Pour Hélène Grou et ses filles Valérie et Catherine Matte, cet endroit est Saint-Laurent.
Mme Grou est née dans la maison que son père a bâtie sur la rue Decelles et y demeure toujours. Cela fait maintenant 71 ans. Sa fille Valérie réside au-dessus de chez elle. Une autre de ses filles, Catherine, habite quelques maisons plus loin sur la même rue. Comme elles le disent si bien, «Saint Laurent, c’est chez nous».

Les plus vieux souvenirs d’Hélène Grou remontent au temps où il n’y avait pas de feu de circulation sur le boulevard Décarie, mais plutôt une ligne de tramway électrique. Elle se rappelle aussi que de vastes champs occupaient l’ensemble du territoire à partir de la rue Crevier, au même endroit où se trouve aujourd’hui l’interminable boulevard Marcel-Laurin. «Notre deuxième voisin avait un poulailler et il y avait des vaches sur Crevier en 1940», raconte-t-elle.

C’est justement à cette époque, soit durant la Deuxième Guerre mondiale, que le «village» a commencé à se transformer. L’entreprise Canadair, qui se spécialisait autrefois dans la construction d'avions militaires, a fait en sorte que plusieurs personnes sont venues s’installer à Saint-Laurent.

«Il y avait de plus en plus de personnes qui restaient à Saint-Laurent, mais nous connaissions quand même tout le monde, parce que nous avions à peu près tous un lien de famille», indique Mme Grou. Toutefois, ces liens commençaient à s’estomper chez les plus jeunes.

Selon Valérie Matte, les écoles de quartier ont permis d’entretenir la proximité des gens, malgré la population grandissante. «Tous les matins, les jeunes sortaient en même temps de la maison et allaient à l’école à pied. Ils revenaient dîner à la maison ensemble et la même chose le soir», explique-t-elle.

C’est ainsi que la contiguïté laurentienne se préservait, mais elle se faisait de plus en plus restreinte surtout suite à la création de nouvelles paroisses dans les années 1960.
Le monde et les temps changent
Depuis les 20 dernières années, le paysage de Saint-Laurent à grandement changé. Il y a eu l’arrivée du métro, de nouveaux quartiers se sont construits et de grandes entreprises se sont établies. La population est également devenue très multiculturelle et diverse.
Pour Mme Grou et ses filles, le sentiment d’appartenance qu’elles avaient pour Saint-Laurent n’est plus le même qu’avant. Toutefois, ceci n’est dû à aucun de ces changements, mais plutôt à la fusion avec la ville de Montréal.

«Nous n’avons plus d’identité depuis les fusions», se résigne Hélène Grou. «Moi, j’écris encore Saint-Laurent, pas Montréal», ajoute Catherine Matte, immédiatement secondée par sa sœur.

Les trois femmes reconnaissent tout de même que Saint-Laurent demeure un endroit où il fait bon vivre. «Après mon mariage, nous voulions rester un an et déménager ensuite, mais finalement nous sommes restés et je suis bien contente», indique Valérie Matte.

De son côté, Catherine Matte est revenue habiter dans son ancien quartier lorsqu’elle a décidé de fonder une famille. «Quand est venu le temps d’être sérieux, je suis revenue et je connais plusieurs personnes avec qui j’ai été à l’école qui ont fait de même.»

Selon elles, c’est la qualité de vie qui incite les gens à rester ou à revenir. Elles croient aussi que plusieurs apprécient beaucoup la grande diversité culturelle. «Cela a prit un certain temps avant de s’habituer, mais en bout de ligne ça nous enrichit», mentionne Mme Grou.

Hélène Grou espère ne pas quitter l’endroit où elle est née. Elle considère que le quartier demeure très convivial et elle est bien heureuse d’être près de sa famille. «Même si les gens ont changé, les noyaux restent.»

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