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Le Messager Lachine Dorval
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C. difficile: le gouvernement ontarien est accusé de camouflage

Presse Canadienne Article mis en ligne le 23 juin 2008 à 23:00
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TORONTO - Les partis d'opposition en Ontario ont accusé mardi le premier ministre Dalton McGuinty et son gouvernement libéral de mettre des vies en danger en camouflant l'ampleur de l'éclosion de Clostridium difficile dans des hôpitaux de la province.
Au moins 264 décès dus à la bactérie C. difficile ont été recensés dans sept hôpitaux ontariens depuis 2006. Il s'agit d'une bactérie résistante aux médicaments qui se propage dans les établissements de santé.
Le ministère de la Santé a confirmé mardi qu'il était au courant d'éclosions dans 19 hôpitaux à travers la province, mais il a dit ne pas pouvoir fournir de liste à jour des décès attribués à la bactérie parce qu'il ne disposait pas d'une telle information.
Conservateurs et néo-démocrates réclament depuis des mois un examen indépendant du problème, en vain. Le gouvernement a repoussé leurs requêtes. "Je pense que c'est de la négligence et du camouflage scandaleux de la part du gouvernement", a accusé le leader conservateur John Tory.
Les néo-démocrates disent craindre que le bilan des victimes du C. difficile soit encore plus élevé en Ontario une fois que les hôpitaux auront révisé les dossiers de leurs patients. Un hôpital de Burlington qui avait effectué une telle analyse à la suite d'une éclosion a constaté qu'il avait enregistré 62 décès au cours d'une période de 20 mois.
Si on faisait le même exercice dans les 19 hôpitaux, on découvrirait peut-être "des centaines et des centaines d'autres décès causés par le C. difficile", a soutenu la porte-parole du NPD en santé, France Gélinas.
M. Tory a dit avoir "toutes les raisons de croire" que d'autres décès liés au C. difficile surviendront, parce que le gouvernement libéral refuse d'accepter la tenue d'une enquête visant à comprendre ce qui s'est passé et à prévenir d'autres éclosions. Selon lui, cela met des vies en danger, puisque certaines personnes tarderont peut-être à se rendre à l'hôpital, ou encore des choses qui devraient être faites dans les hôpitaux ne le seront pas.
Dans son rapport annuel, la semaine dernière, l'ombudsman André Marin demandait l'autorisation de faire enquête sur les plaintes de familles au sujet des décès reliés à la dangereuse bactérie dans les hôpitaux ontariens. Qualifiant l'éclosion de C. difficile de "tragédie", il s'est interrogé sur l'hésitation du gouvernement, laissant entendre qu'il tentait peut-être de contenir une situation possiblement embarrassante.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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