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Québec va serrer la vis aux immigrants mais ne touchera pas au crucifix

Presse Canadienne Article mis en ligne le 22 mai 2008 à 0:00
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Québec va serrer la vis aux immigrants mais ne touchera pas au crucifix
Les immigrants devront dorénavant signer une "Déclaration" dans laquelle ils s'engagent à adhérer aux valeurs communes de la majorité québécoise, a annoncé jeudi le premier ministre Jean Charest.THE CANADIAN PRESS/Clement Allard
QUEBEC - Les immigrants devront dorénavant signer une "Déclaration" dans laquelle ils s'engagent à adhérer aux valeurs communes de la majorité québécoise, a annoncé jeudi le premier ministre Jean Charest.
Il s'agit de la première d'une poignée de mesures que le gouvernement Charest compte mettre en place pour faire suite au rapport de la Commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables.
Mais déjà, une des recommandations importantes du rapport a pris le chemin de la poubelle: à l'unanimité, les parlementaires ont rejeté la suggestion des commissaires Gérard Bouchard et Charles Taylor de retirer le crucifix du Salon bleu de l'Assemblée nationale.
Symbole du passé religieux du Québec, le crucifix surplombant le siège du président de l'Assemblée nationale témoigne de l'attachement de la Chambre "à notre patrimoine religieux et historique", souligne la motion adoptée par l'ensemble des députés.
"L'Histoire ne peut pas se réécrire à l'envers. L'Eglise catholique a joué un rôle très important pendant 350 ans chez nous, dans l'organisation de notre société. On ne l'effacera pas, a commenté le premier ministre Charest, en point de presse. La motion adoptée aujourd'hui règle la question."
Dans une déclaration ministérielle, le premier ministre a énuméré les quatre "gestes concrets" qui seront posés à court terme en réaction au rapport Bouchard-Taylor:
-un renforcement de la francisation avant l'arrivée des immigrants;
-une déclaration signée par laquelle les candidats à l'immigration s'engageront à adhérer aux valeurs communes de notre société;
-un mécanisme qui aidera les décideurs à traiter les questions d'accommodement dans le respect de la laïcité des institutions;
-un appel à la collaboration des parlementaires pour l'adoption du projet de loi 63 qui amende la Charte des droits et libertés pour affirmer l'égalité des femmes et des hommes.
"L'immigration n'est pas un droit, a dit le premier ministre en chambre. Immigrer au Québec, c'est un privilège. Et l'accueil des immigrants pour tous les Québécois est une responsabilité. Entre les deux, il faut savoir tracer la ligne. Les Québécois ont parfaitement le droit de décider dans quelle société ils veulent vivre."
Les deux partis d'opposition ont aussitôt décrié les moyens d'action retenus par le gouvernement, les jugeant trop timides, insuffisants pour protéger et promouvoir l'identité québécoise.
"Il ne valait pas la peine de faire tout ce dérangement pour si peu", a analysé le chef de l'Action démocratique du Québec (ADQ), Mario Dumont.
Ce dernier continue de réclamer la rédaction d'une constitution québécoise où seraient inscrites les valeurs communes de la majorité. La défense de ces valeurs - égalité des sexes, laïcité, primauté de la langue française - fait cruellement défaut dans le rapport, a-t-déploré.
"On a fait bien peu de place dans ce rapport à la notion de société d'accueil (et) d'affirmation claire d'identité et de valeurs communes", a fait valoir M. Dumont.
La chef du Parti québécois (PQ), Pauline Marois, partage pour l'essentiel l'avis de son vis-à-vis de l'ADQ. Elle considère que le rapport rate la cible puisqu'il ne propose pas d'antidote au "malaise identitaire" dont souffre, selon elle, la majorité québécoise.
"Nous estimons que le rapport de la commission passe à côté de l'essentiel. Il ne va que dans un sens. Or, il existe un malaise identitaire au Québec auquel on se doit de répondre, nous, les représentants du peuple québécois", a dit Mme Marois, pendant les débats au Salon bleu.
Par conséquent, la leader souverainiste veut que les commissaires Bouchard et Taylor viennent expliquer aux parlementaires la raison pour laquelle "ils n'ont pas tenu compte de l'inquiétude identitaire de la majorité du peuple québécois dont ils se réclament".
Quant à lui, le premier ministre a pour une deuxième journée de suite promis "des suites" au rapport, avec l'élaboration d'un "plan d'action" plus large que les seules mesures annoncées jeudi.
M. Charest n'a pas voulu en dire davantage, affirmant vouloir prendre le temps de bien analyser la brique déposée par les deux commissaires.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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