MONTREAL - Refusant de reconnaître la défaite, les commerçants de Montréal demandent aux constructeurs automobiles européens et japonais de sauver le Grand Prix du Canada de Formule 1.
"Ces gens-là vendent énormément de voitures en Amérique du Nord", a souligné en conférence de presse, mercredi matin, Alain Creton, instigateur du projet et porte-parole de l'Association des marchands de la rue Peel. Il a fait valoir que les Mercedes, Ferrari, BMW, Renault, Honda et Toyota y réalisent la part la plus importante de leur chiffre d'affaires.
M. Creton est d'avis qu'il ne serait donc que logique pour eux de tout faire pour conserver l'une de leurs meilleures vitrines.
Cette nouvelle dépense pourrait facilement s'inscrire dans leur budget publicitaire, d'après lui, auquel ils consacrent déjà plus de 1 milliard $.
"Ce serait tout simplement un budget publicitaire que vous transféreriez en Amérique du Nord, a ajouté M. Creton en s'adressant directement aux constructeurs. Si vous êtes six à donner 3 millions $, ça fait 3 fois 6 égale 18, Normand Legault met la différence, et avec ça il est capable de nous faire un Grand Prix et, en tant qu'homme d'affaires, de tout de même - ce qui est normal - réaliser des profits."
De plus, comme on ne ferait pas appel aux deniers publics, M. Legault pourrait dégager des profits sans craindre qu'on lui fasse des reproches. On savait déjà qu'il n'était pas très chaud à l'idée de travailler avec les gouvernements, craignant d'être un jour accusé de s'être payé une maison ou une voiture avec l'argent des contribuables.
M. Creton et plusieurs autres représentants des marchands de Montréal ont donc adressé, mercredi, une lettre aux têtes dirigeantes des constructeurs automobiles impliqués en F1, leur demandant de mettre leurs ressources en commun pour sauver l'événement.
"Il est un peu navrant de constater qu'on n'a pas encore entendu les constructeurs exprimer leur appui au Grand Prix quand une part si importante de leurs ventes se font ici, au Québec, a pour sa part déclaré Steve Siozios, de l'Association des marchands de la rue Crescent. Les Montréalais devraient se demander, lorsqu'ils achètent une Honda, par exemple, pourquoi Honda n'offre pas au Grand Prix tout le support nécessaire."
Au moment de s'adresser aux médias, ils n'avaient pas encore parlé de leur idée avec M. Legault.
Ecclestone riposte
A peu près au même moment, Bernie Ecclestone, le grand patron de la Formule 1, se défendait en entrevue d'être trop vorace.
"Nous brassons des affaires à travers le monde et personne ne pense que nous ne sommes pas raisonnables", a affirmé à la station de radio montréalaise CJAD le président de Formula One Management. Nous avons devant nous une longue file de gens qui veulent des courses. Alors nous ne devons pas être si déraisonnables que ça."
Il a aussi dit aimer Montréal.
"Tout le monde en Formule 1 aime Montréal. J'ai dit aux organisateurs (montréalais) qu'ils pouvaient venir dans mon bureau, sortir n'importe quel contrat concernant les autres courses et changer les noms pour les leurs, et ce sera notre entente", a ajouté M. Ecclestone.
"Les demandes que nous leur avons présentées sont inférieures à ce que nous obtenons n'importe où ailleurs dans le monde", a-t-il dit.
Quant à un éventuel retour du Grand Prix du Canada si on trouvait le moyen de lui donner ce qu'il veut, M. Ecclestone a déclaré: "Bien sûr que nous accepterions, nous ne voulions pas le perdre".
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