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Une nouvelle requête est déposée pour syndiquer des ouvriers agricoles mexicains

Presse Canadienne Article mis en ligne le 23 octobre 2008 à 23:00
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MONTREAL - Le dossier de la syndicalisation des travailleurs agricoles saisonniers mexicains s'est retrouvé une fois de plus devant la Commission des relations du travail, une nouvelle requête en accréditation ayant été déposée par le syndicat des Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce.
Toute la journée, vendredi, la Commission a entendu des témoignages de travailleurs agricoles saisonniers, venus du Mexique pour travailler sur la ferme de Johanne L'Ecuyer et Pierre Locas, à Saint-Augustin de Mirabel.
En tout cinq travailleurs ont témoigné, en espagnol, avec l'aide d'une interprète.
Deux premières requêtes en accréditation syndicale avaient été déposées par le même syndicat, pour d'autres fermes faisant appel à de tels travailleurs étrangers saisonniers, mais elles avaient été rejetées, parce que ces deux fermes n'employaient pas "au moins trois personnes ordinairement et continuellement".
Le Code du travail du Québec stipule en effet qu'au moins trois personnes doivent travailler "ordinairement et continuellement" dans une ferme pour que les salariés puissent s'y syndiquer.
Les travailleurs mexicains qui ont témoigné, vendredi, ont affirmé qu'ils participaient à ce Programme des travailleurs agricoles saisonniers pour travailler durant quelques mois au Québec, ce qui leur permettait de toucher un revenu plus élevé qu'au Mexique et de pouvoir ainsi subvenir aux besoins de leur famille restée là-bas. Dans certains cas, ils touchent le double de ce qu'ils toucheraient au Mexique.
L'un de ces travailleurs, M. Auccencio Florez Dias, a affirmé que son patron, M. Locas, arrivait parfois de mauvaise humeur. "Il arrivait en nous insultant. Parfois, il arrivait en donnant des coups de pied aux choses", aux objets, et en blasphémant, a-t-il relaté.
Il a fait état d'un incident où il aurait reçu un coup avec une sorte de cartable, de "planche à écrire avec une grosse pince", lorsqu'il s'était penché pour faire entrer son patron dans une serre. Le tribunal n'a pas encore entendu la version de M. Locas à ce sujet.
D'autres travailleurs ont laissé entendre qu'ils travaillaient dans un certain climat de crainte s'ils essayaient de se plaindre ou de faire valoir leurs droits, une crainte d'être exclu du programme des travailleurs saisonniers et une crainte de mécontenter le Secrétariat du travail du Mexique parce qu'ils y seraient perçus comme fauteur de troubles.
Certains d'entre eux ont aussi soutenu qu'à quelques reprises, ils avaient tenté de joindre leur consulat au téléphone, mais qu'ils n'y parvenaient pas ou pas souvent.
La Ferme Johanne L'Ecuyer et Pierre Locas, de son côté, cherche à démontrer qu'elle est essentiellement une petite ferme familiale, a expliqué son avocate, Me Dominique Launay. En conséquence, Me Launay soutient que cette ferme est couverte par l'exception prévue au Code du travail pour les fermes qui emploient moins de trois employés "ordinairement et continuellement".
"Ici on a affaire à une petite ferme, à une entreprise familiale. Johanne L'Ecuyer et Pierre Locas sont deux propriétaires qui travaillent à leur ferme et ils font appel à de la main-d'oeuvre étrangère, en l'occurrence au programme des travailleurs agricoles saisonniers. Cette année, il y avait six travailleurs agricoles saisonniers qui sont venus aider. Cinq sont arrivés à peu près à la mi-mars et repartent maintenant et un autre est arrivé en juillet, qui part également maintenant", a expliqué Mme Launay.
Le syndicat, de son côté, cherche au contraire à démontrer que ces travailleurs mexicains travaillent déjà beaucoup. L'un d'entre eux, Daniel Jiminez Serapio, a expliqué qu'à certaines périodes, il travaillait sept jours sur sept, parfois six jours sur sept, et durant de longues heures, parfois de 6h ou 7h du matin à 22h ou 23h, mais de 8h à 17h en mars.
"Au Québec, les normes du travail pour le secteur agricole sont vraiment minimes, et ce pour tous les travailleurs, pas seulement les immigrants. Le travailleur devrait avoir droit à au moins une journée de congé par semaine mais, selon les besoins de la production agricole, les deux peuvent s'entendre pour remettre cette journée-là à une journée plus tard. Le problème c'est qu'on considère que le travailleur n'est pas en position de négocier cette journée-là avec l'employeur", a résumé Andréa Galvez, représentante nationale au bureau québécois des TUAC.
L'audition de la cause se poursuivra en novembre.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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