KANDAHAR, Afghanistan - Le commandant des Forces armées canadiennes en Afghanistan, le général Denis Thompson, a indiqué vendredi que l'efficacité croissante des forces de sécurité afghanes leur permettra de contrôler un plus vaste territoire cet hiver, au détriment des insurgés.
"Les forces de sécurité afghanes sont maintenant plus aptes à combattre. Le meilleur moyen de gagner du terrain sur les insurgés, c'est d'avoir des policiers", a déclaré M. Thompson.
Les récentes opérations de la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF), basée à Kandahar, avaient comme principaux objectifs de perturber les activités des insurgés et de briser leur approvisionnement en ressources plutôt que d'étendre le pouvoir du gouvernement.
Cela devrait toutefois changer, a assuré le général Thompson.
Cinq nouveaux postes de police ont été construits dans la province de Kandahar et huit autres sont prévus au cours des prochains mois. Le commandant canadien a indiqué que ces bâtiments seront gérés par des effectifs afghans, mais qu'ils seront supervisés par des équipes occidentales. Cette nouvelle approche permettra "de confirmer l'emprise de la coalition sur les secteurs que nous contrôlons", a-t-il dit.
Il a aussi précisé que l'armée nationale afghane, qui compte maintenant 60 000 soldats, devrait bientôt jouer un rôle plus important dans l'organisation et l'exécution des opérations de lutte aux talibans. Un "kandak", ou bataillon, serait déjà stationné à Kandahar prêt à en découdre avec les insurgés.
"Cet hiver, nous serons plus agressifs que par les années passées", a ajouté le général Thompson.
Des observateurs indépendants et certains experts militaires occidentaux préviennent cependant que le niveau de violence s'est accentué ces dernières semaines et que les talibans agissent désormais en toute impunité dans certains secteurs de la province.
Les citoyens de Kandahar sont inquiets et précisent qu'ils ont peur de voyager entre les villages et de sortir la nuit, à cause des enlèvements. Loin de rassurer la population, deux représentants du gouvernement afghan ont été assassinés au cours des dernières semaines. Les talibans ont revendiqué ces meurtres.
Malgré tout, M. Thompson soutient que l'ISAF était parvenue récemment à éliminer des seigneurs de guerre et à démanteler des ateliers de fabrication de bombes artisanales et des caches d'armes.
Le volet humanitaire est aussi contesté, alors que les Afghans se plaignent de la lenteur des travaux de reconstruction, comme l'approvisionnement en eau potable et la création d'emplois. La responsable du Canada à Kandahar, Elissa Goldberg, assure cependant que les projets d'envergure ont maintenant démarré.
La reconstruction du système d'irrigation qui devrait alimenter la moitié des terres arables de la province est d'ailleurs prévue pour janvier prochain. "C'est le projet qui se concrétisera le plus rapidement de l'histoire de l'Agence canadienne de développement international", a souligné Mme Goldberg.
Le gouvernement afghan travaille de concert avec des agences d'aide internationale et des organisations non gouvernementales afin de développer ces projets plus rapidement.
L'optimisme de Mme Goldberg se traduit également dans sa façon d'aborder l'attaque talibane contre la prison Sarposa de Kandahar survenue le 11 juin, au cours de laquelle des centaines d'insurgés et de criminels ont pu prendre la fuite.
"C'est un défi et une prise de conscience, car ça nous a permis d'améliorer la sécurité autour des lieux de détention et de former plus efficacement les agents correctionnels", a-t-elle dit.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne