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Plusieurs habitants de Shannon se méfient de l'eau fournie par Valcartier

Presse Canadienne Article mis en ligne le 24 mars 2008 à 0:00
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SHANNON - Malgré les assurances répétées des Forces armées canadiennes et du ministère québécois de la Santé, plusieurs habitants de la petite ville de Shannon, au nord de Québec, refusent de boire l'eau du robinet, pourtant fournie par la base militaire voisine de Valcartier.
Les résidants de cette ville de 4000 habitants se sont fait dire en 2000 qu'une substance toxique associée à l'apparition de cancers s'infiltrait dans la source d'alimentation en eau, située sur la base militaire.
Du trichloroéthylène (TCE), un nettoyant industriel, a été massivement utilisé dans les installations de recherche et une usine de munitions de Valcartier jusque dans les années 1980. S'écoulant à partir de sites d'enfouissement, le produit chimique a contaminé la nappe d'eau souterraine à laquelle s'alimentaient les puits privés des habitants de Shannon.
Le ministère de la Défense assure que le risque pour la santé des habitants a été éliminé grâce à l'installation, à ses frais, d'un réseau d'aqueduc relié à un puits sous étroit contrôle à la base. Plus personne ne boit d'eau contaminée à Shannon depuis 2001, selon Bernard Michaud, un ingénieur-géologue chargé de coordonner les efforts de nettoyage du ministère à la base de Valcartier.
Selon M. Michaud, le TCE pourrait causer des problèmes de santé si les gens buvaient l'eau de la nappe souterraine ou en inhalait des vapeurs. Mais le TCE est maintenant à 20 mètres sous la surface du sol. Le ministère de la Défense a dépensé 3,5 millions $ en 2001 pour relier Shannon à un nouveau réseau d'aqueduc.
Mais des résidants ne veulent rien savoir de cette eau. Ils se méfient de l'armée, qui aurait, selon certains, pris connaissance du problème du trichloroéthylène en 1997 mais ne les aurait pas prévenus de la contamination avant 2000.
L'infirmière locale, Marie-Paule Speiser, et un médecin à la retraite ont intenté une poursuite en recours collectif contre le gouvernement fédéral et une filiale du Groupe SNC-Lavalin qui était propriétaire du terrain où se trouvait l'usine de munitions. Plus de 600 personnes ont jusqu'à ce jour signé la poursuite, qui réclame 81 000 $ en dommages-intérêts pour chaque plaignant. Selon Mme Speiser, 240 d'entre eux sont atteints du cancer.
Des habitants sont convaincus qu'il existe une crise du cancer, et que cela pourrait avoir quelque chose à voir avec à l'eau. L'armée réplique qu'elle n'a réalisé l'étendue du problème qu'à partir de tests ultérieurs.
La superficie touchée s'étire sur environ cinq kilomètres de distance. La substance toxique se déverse dans la rivière Jacques-Cartier, à l'ouest de la base, et s'approche très lentement de la périphérie de la ville de Québec, à l'est.
Les Forces armées viennent de terminer des tests, au coût de 8 millions $, pour explorer les options possibles afin de freiner la contamination. Mais cela ne suffira peut-être pas à satisfaire les résidants de Shannon. La municipalité a pratiquement épuisé les 19 millions $ versés par le gouvernement fédéral pour l'aider à trouver une source indépendante d'eau, et veut maintenant 11,5 millions $ de plus pour parachever le travail.
Le maire de Shannon, Clive Kiley, a dit à un journal local que la Ville n'a guère d'autre choix, parce que très peu de citoyens font confiance à l'armée au sujet de la qualité de l'eau. "Je bois de l'eau en bouteille maintenant", déclarait-il récemment.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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