OTTAWA - Des Canadiens surveillent de près l'annonce que pourrait faire le président de la République française, Nicolas Sarkozy, concernant l'envoi imminent de quelque 1000 soldats en Afghanistan. La rumeur veut que ces militaires français soient déployés dans l'est de l'Afghanistan et non dans le sud du pays, où se trouvent présentement les troupes canadiennes.
Le porte-parole libéral en matière de défense nationale, Denis Coderre, estime que ce scénario assurerait une rotation entre les troupes françaises et américaines dans l'est du pays. Selon lui, cela permettrait à un nombre identique de militaires américains de venir prêter main forte aux Forces armées canadiennes dans la région de Kandahar.
Il y a quelques semaines, le gouvernement conservateur de Stephen Harper a profité de l'appui des députés libéraux pour faire adopter à la Chambre des communes une motion de prolongement de la mission afghane jusqu'en 2011 à condition qu'un autre pays-membre de l'OTAN envoie 1000 soldats pour assister les Canadiens à Kandahar. Cette motion s'inspirait d'une recommandation de la commission Manley.
En entrevue téléphonique à La Presse Canadienne, lundi, le député libéral Denis Coderre a dit croire qu'il avait déjà été prévu entre Ottawa et Washington que les américains fourniraient les 1000 soldats supplémentaires réclamés par le Canada à défaut d'une entente avec un autre pays de l'OTAN, et ce, bien avant le dévoilement du rapport Manley sur la mission canadienne en Afghanistan.
Mais M.Coderre doute que l'ajout de 1000 militaires soit suffisant pour neutraliser les insurgés talibans du sud de l'Afghanistan. Selon lui, le dénouement de la crise afghane ne passe pas par les solutions militaires puisqu'il faut aussi protéger les civils, participer à la reconstruction et au développement, notamment. Aussi, selon M. Coderre, les libéraux souhaitent que cette mission soit redéfinie et qu'une date butoir soit prévue.
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