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Bruno Fortier estime avoir été traité de façon intempestive

Presse Canadienne Article mis en ligne le 28 avril 2008 à 0:00
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QUEBEC - L'ex-délégué général du Québec à New York, Bruno Fortier, estime avoir été victime d'un traitement intempestif et injustement sévère lorsqu'il a été chassé de ses fonctions par le gouvernement.
Mais pour la ministre des Relations internationales, Monique Gagnon-Tremblay, le délégué déchu a plutôt été victime de son manque de jugement, de discernement, de son insubordination et de son entêtement.
Le délégué en disgrâce et son employeur ont livré des versions contradictoires lundi à la première séance de travail de la commission parlementaire chargée de faire la lumière sur les circonstances du congédiement précipité de M. Fortier, neuf mois à peine après son entrée en fonction.
Accompagné de son avocat Pierre Latraverse, M. Fortier a fait valoir, sous serment, "qu'un conflit de travail interpersonnel" avec une employée de la délégation avait mené à son rappel, à la mi-mars.
"Une seule conclusion s'impose en ce qui me concerne, la situation à l'origine de mon rappel est en fait un conflit de travail entre moi-même et une employés de la délégation générale", a-t-il dit en guise d'introduction devant les parlementaires.
M. Fortier a relaté s'être fait montrer la porte après avoir, à la fin du mois de février, "retiré une partie de ses fonctions" à une employée de la délégation qui avait formulé une plainte de harcèlement psychologique contre lui.
"J'étais et je demeure d'avis que je pouvais poser ce geste qui n'affectait en rien la rémunération du poste de l'employée en question et qui avait été fait dans le but de réduire nos contacts dans le contexte d'un conflit de travail interpersonnel qui minait l'atmosphère du bureau", a-t-il justifié.
Or, faisant cela, l'ex-délégué se rendait coupable d'insubordination puisque son supérieur, le sous-ministre au ministère des Affaires internationales Alain Cloutier, lui avait formellement interdit d'entrer en relation avec la plaignante.
Le lien de confiance étant rompu, le sous-ministre Cloutier a alors "invité" le délégué rebelle, le 14 mars, à signer une lettre de démission préalablement préparée.
"J'ai refusé de la signer, je ne la signerai pas aujourd'hui (...) Le traitement que j'ai reçu de mon employeur m'apparaît encore aujourd'hui intempestif et injustement sévère", a mentionné l'ex-représentant du Québec dans la métropole de la Côte Est.
Plus tard, dans son témoignage, le sous-ministre a révélé que M. Fortier avait fait l'objet non pas d'une seule mais d'au moins deux plaintes pour harcèlement psychologique pendant son séjour à New York. L'une des plaintes a depuis été réglée "à la satisfaction de la plaignante", a-t-il dit.
En attribuant son limogeage à un simple conflit de personnalité, M. Fortier contredit la version officielle des événements que répète depuis des semaines la ministre des Relations internationales Monique Gagnon-Tremblay.
Cette dernière avance que l'ex-délégué a perdu l'estime de ses supérieurs en raison de son acharnement à vouloir déployer à la délégation un plan de réorganisation administrative mal avisée.
Pourtant, M. Fortier a dit à plusieurs reprises devant la commission que "17 des 19 recommandations" de son plan de réorganisation avaient été "positivement reçus" par ses supérieurs du ministère.
"Ce n'est pas le cas", a rétorqué la ministre, prenant à son tour la parole devant les membres de la commission.
"La délégation de New York était fonctionnelle alors pourquoi vouloir tout chambarder", a évoqué Mme Gagnon-Tremblay, d'un ton ferme sinon agressif.
Ce n'est pas les allégations de harcèlement psychologique qui ont sonné le glas de la carrière de M. Fortier à New York, mais son "insubordination, son manque de discernement, de jugement et son entêtement", a-t-elle énuméré.
"On l'avertit de ne pas narguer - la plaignante-et le premier geste qu'il pose, c'est de lui faire envoyer une note de changement d'affectation, a-t-elle raconté.
"Ce n'est pas la plainte, c'est l'insubordination, c'est le geste qu'il a posé (...) Je me suis dit: si au cours des six premiers mois la personne a montré un manque de jugement, de discernement, a été entêtée et insubordonnée, qu'est-ce qui se passera au cours des trois prochaines années?", a poursuivi la ministre.
La commission parlementaire reprendra ses travaux mardi avec cette fois le premier ministre Jean Charest, un ami intime de Bruno Fortier, à titre de témoin-vedette.
Une ancienne attachée commerciale, congédiée en 2005 alors que M. Fortier occupait les fonctions de directeur économique de la Délégation générale du Québec à New York, espère aussi être entendue mardi.
Myra Clément, qui a assisté à la première journée de la commission, semblait en avoir long à dire sur la gestion de M. Fortier.
"Les employés de la délégation n'ont pas de voix, ils ne sont pas syndiqués et il y a une grande peur", a-t-elle dit aux journalistes.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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