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Le PQ met en doute l'intégrité du premier ministre Jean Charest

Presse Canadienne Article mis en ligne le 11 mars 2008 à 0:00
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Le PQ met en doute l'intégrité du premier ministre Jean Charest
Le premier ministre du Québec, Jean Charest. LA PRESSE CANADIENNE/Clement Allard
QUEBEC - L'opposition péquiste met en doute l'intégrité du premier ministre Jean Charest, parce qu'il reçoit un salaire du Parti libéral du Québec (PLQ).
Sans ménagement, les députés péquistes François Gendron et Stéphane Bédard ont réservé au premier ministre une rentrée parlementaire au goût amer, en l'accusant de "jeter le discrédit" sur la fonction de premier ministre.
Depuis 1998, M. Charest a reçu au total 750 000 $, sous forme de rémunération du PLQ, pour acquitter ses fonctions de chef de parti, un fait qui était inconnu jusqu'à mardi.
A la suite d'un reportage diffusé sur la télévision la veille, la direction du PLQ a reconnu mardi matin que M. Charest recevait un salaire annuel de 75 000 $ depuis 10 ans.
Ce salaire s'ajoute à sa rémunération annuelle de 182 000 $ comme premier ministre, depuis 2003.
Invoquant l'impératif de transparence, le whip du PQ en Chambre, Stéphane Bédard, a demandé au premier ministre de rendre publique l'entente financière conclue avec son parti en 1998, quand il est devenu chef du PLQ.
Mais sa demande risque de rester lettre morte. Mardi, en fin de journée, le porte-parole du PLQ a indiqué qu'il ignorait s'il s'agissait d'une entente à l'amiable, conclue verbalement, ou d'une entente écrite.
Malgré le tollé qui a suivi l'annonce, le directeur des communications, Michel Rochette, a dit qu'il n'avait aucune information laissant croire que cette entente serait remise en question de part ou d'autre.
Selon l'opposition péquiste, le fait que M. Charest reçoive de l'argent de son parti "laisse planer d'énormes soupçons sur sa propre intégrité", a fait valoir François Gendron, en Chambre, puis par la suite en point de presse.
Pour donner plus de poids à son argumentaire, le doyen des députés a dit avoir connu huit premiers ministres en plus de 30 ans de carrière politique et n'avoir jamais vu une telle chose.
Sur la défensive, le premier ministre Charest a fait valoir qu'à ses yeux il s'agissait d'un "arrangement" de nature privée, et que, de ce fait, il n'avait pas jugé pertinent de le rendre public auparavant.
Mais puisque le président du parti avait reconnu que le parti lui versait un salaire, il avait choisi de rendre public le montant, "parce que de toute évidence ça allait créer un débat, aussi bien le dire".
Il a précisé que cette pratique était en tous points légale et qu'à son avis il ne s'agissait pas d'un précédent.
Mais rien n'indique, selon les informations disponibles, que dans le passé un premier ministre en fonction, libéral ou péquiste, a déjà touché un salaire de son parti.
La situation est différente pour les chefs de parti qui ne sont pas premiers ministres.
Le chef de l'opposition officielle, Mario Dumont, gagne un salaire annuel de 158 095 $, auquel l'ADQ ajoute un salaire imposable de 50 000 $ depuis mai 2007. André Boisclair, lorsqu'il a été élu chef du Parti québécois en 2005, s'est vu verser par son parti un salaire annuel imposable de 120 000 $, avant qu'il soit élu député de Pointe-aux-Trembles. Les montants ont été déclarés dans les deux cas.
Un ancien chef du PLQ, Claude Ryan, a déjà reçu le soutien financier du parti, mais n'a jamais occupé le siège de premier ministre.
Quant à la légalité présumée de la pratique, les députés péquistes n'ont pas voulu se prononcer.
A l'entrée du caucus des députés libéraux, mardi matin, les ministres du gouvernement se sont portés à la défense de leur chef, et ont jugé justifié qu'il reçoive une rémunération du parti en plus de son salaire.
Selon l'ex-président du PLQ, Marc-André Blanchard, qui a quitté ses fonctions dimanche, le versement d'un salaire constitue la meilleure façon de mettre à l'abri le premier ministre de toute pression ou tentative de corruption.
Dans le reportage sur la télévision, un porte-parole du Directeur général des élections (DGE) considérait que le PLQ manquait de transparence en n'indiquant pas clairement dans ses états financiers qu'il versait un salaire à son chef.
Le PQ trouve approprié de parler de "double rémunération" pour qualifier la situation du premier ministre, une interprétation que s'est empressé de corriger le leader du gouvernement, Jean-Marc Fournier, faisant valoir que dans le cas du parti il s'agissait de fonds privés.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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