Par Toutatis! ...
Le ciel nous tombe sur la tête!
Les toitures de deux entreprises s’effondrent à LaSalle. Le toit d’une maison croule à Shawinigan. La toiture d’une entreprise de Morin-Heights s’abat notamment sur trois femmes employées qui meurent, tuées sur le coup. Voilà quelques-unes des catastrophes qui ont marqué les lendemains de la spectaculaire tempête de neige du 8 mars 2008!
Comme diraient les colorés et caractériels Gaulois dans la bande dessinée Astérix, «par Toutatis, le ciel nous tombe sur la tête!»…
La tempête du 8 mars et les événements qui ont découlé de toute cette neige tombée ont créé une sorte de psychose, de panique peut-être; une réaction qui s’explique par la gravité des accidents rapportés, certes, il va sans dire. C’est dans ce contexte que la Commission scolaire de Montréal (CSDM) a décidé, dans un geste sans précédent, de fermer TOUTES ses écoles, le vendredi 15 mars, prenant tout le monde par surprise, y compris les journalistes et les médias, presque abasourdis, pour entreprendre une vaste opération de déneigement des toits de ses institutions. (Opération qui n’est toujours pas complétée une semaine plus tard!)
La présidente de la CSDM, Diane De Courcy, j’oserais dire, a passé de très mauvais quarts d’heure en passant d’un micro à l’autre, d’un magnétophone à l’autre, d’une caméra à l’autre, d’un studio à l’autre, pour tenter d’expliquer et de justifier une telle décision, qui a entraîné un immense cafouillage logistique, impliquant surtout les écoliers qu’on a évacués et hébergés ailleurs (dans des églises, entre autres) en attendant de rejoindre les parents. AIE! OUF!
POURQUOI? La tempête datait déjà d’une semaine; l’hiver 2007-2008 est exceptionnel avec ses précipitations record; à la CSDM on aurait pu prévoir, prévenir, planifier un déneigement des toitures de façon régulière et graduel, ce qui aurait évité cette mesure exceptionnelle et cette facture exponentielle (plus de quatre millions de dollars!) Pendant ce temps, la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB), pour ne nommer que celle-là, ne bougeait pas, ne suivait pas la CSDM dans ce mouvement préventif d’urgence. Faut-il en déduire que la situation des toitures enneigées est mieux maîtrisée à la CSMB?...
Cette décision surprenante et controversée de la CSDM a fait réagir beaucoup de monde, beaucoup de chroniqueurs et signataires de billets, commentaires et autre «colonnes d’humeur», dont l’éditorialiste de La Presse, Alain Dubuc, qui a titré son papier «L’incompétence transversale…», écrivant que la CSDM a fait vire aux écoliers «une aventure rocambolesque dont on pourrait rire si elle ne trahissait pas l’incompétence d’une administration à laquelle nous confions des dizaines de milliers d’enfants. La CSDM a manifesté tous les symptômes d’une administration dysfonctionnelle.»
Quoi qu’il en soit, et malgré la critique, comme on dit, on n’est jamais trop prudent. «Vaut mieux prévenir que guérir». Dicton qu’a sûrement appliqué la CSDM en décidant rapidement, sans hésitation, sans marche arrière, de fermer ses écoles pour cause de déneigement…
Cela étant dit et écrit, un autre chapitre vient de s’ouvrir: en date du jeudi 20 mars, c’était au tour de la Commission scolaire Lester-B.-Pearson (CSLBP) de fermer TOUTES ses écoles pour procéder au déneigement des toits, tandis que la toiture d’une autre compagnie (de recyclage de papier) s’effondrait, dans l’est de Montréal, entraînant un violent incendie!
Une chose est certaine, tous et toutes, on se rappellera de la tempête du 8 mars 2008, la nouvelle «tempête du siècle», le XXIe, (après celle du 4 mars 1971, au XXe siècle)...