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La francisation au Québec

Un acte politique et un moyen d’intégration

Article mis en ligne le 18 janvier 2008 à 16:49
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La francisation au Québec
Les étudiants en francisation au CIMOI, en plus d’apprendre le français, acquièrent des notions importantes sur les plans culturel et social. (Photo: Marie-Claude Simard)
La francisation au Québec
Un acte politique et un moyen d’intégration
Maintenant que les vacances de Noël sont terminées et que les enfants sont retournés en classe cette semaine, dans de nombreuses familles immigrantes, les parents ont également repris le chemin de l’école.
Les cours de francisation ne sont pas imposés aux immigrants qui ne connaissent pas le français, mais, d’eux-mêmes, ils se rendent compte que l’apprentissage de la langue facilite leur intégration à tous les niveaux. Toutefois, au-delà des préoccupations d’ordre pratique, la francisation est avant tout un acte politique au Québec.

Selon Mustapha Kashani, président du Regroupement des Organismes en Francisation du Québec (ROFQ), l’épanouissement du français et la diffusion de la culture québécoise sont des valeurs primordiales de l’état. «Nos élus ont fait ce choix, c’est une valeur fondamentale au Québec. La francisation, de pair avec la loi 101, constitue un moyen de préservation efficace de la langue.»

Dès leur arrivée à l’aéroport, les nouveaux résidants permanents reçoivent une trousse d’informations dans laquelle se trouvent des documents relatifs à la francisation. Ceux souhaitant s’inscrire à temps plein doivent en faire la demande directement au gouvernement. C’est le ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles (MICC) qui se charge de les orienter vers des institutions ou des organismes communautaires qui offrent un programme de francisation dans leur région.

«Dans la région métropolitaine, il y a une cinquantaine d’organismes qui donnent le cours», explique Mustapha Kachani, qui est également directeur de la seule O.N.G. de francisation dans l’Ouest-de-l’Île, le Centre d’Intégration de l’Ouest-de-l’Île (CIMOI).

Que l’on suive le cours au Cégep Gérald-Godin ou au CIMOI, le programme est le même. Il se divise en trois niveaux de compétence, de 11 semaines chacun, à raison de 30 heures par semaine. «Les profs qui enseignent au CIMOI ne sont pas mes employés, mais ceux du gouvernement», précise le résidant de Roxboro.

Le gouvernement offre une compensation de 115$ par semaine aux étudiants en francisation à temps plein. «Nous utilisons cet argent pour payer le loyer», explique Alexandra, venue de la Colombie il y a huit mois. Son époux, lui, suit le cours à l’UQAM. «Pour les autres dépenses, on s’organise avec les allocations familiales», poursuit la mère de deux enfants.

En 2007, 58% des nouveaux arrivants qui s’établissent au Québec parlent déjà le français couramment. Ce phénomène s’explique par les critères de sélection qui favorisent la venue d’immigrants de langue française. «Je ne suis pas convaincu que ce mode de sélection soit judicieux», explique Kashani. Selon lui, les cours de francisation offrent bien plus qu’un simple apprentissage de la langue. Les immigrants y acquièrent des notions culturelles et sociales essentielles. De plus, ils y créent un réseau d’entraide inestimable. «Il y a des immigrants francophones, qui arrivent au Québec et qui au bout de quelques mois, s’ils n’ont pas trouvé de travail, se replient sur eux-mêmes», explique-t-il.

Venue du Venezuela avec son mari l’année dernière, Angelica a justement choisi le Québec en raison du caractère francophone de cette province canadienne. Inscrite au dernier niveau du cours de francisation, la résidante de Pointe-Claire considère que le CIMOI l’aide dans son intégration à la société québécoise. «En plus du français, on y apprend à gérer différents aspects de la vie quotidienne, comme le loyer, les rendez-vous chez le médecin, les demandes d’emploi», explique-t-elle. «L’étape suivante sera de trouver du travail», ajoute Louis, ingénieur venu du Chili, qui entame également sa dernière session en francisation.

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