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Des solutions alternatives?

Sylvain Sarrazin par Sylvain Sarrazin
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Article mis en ligne le 21 septembre 2007 à 10:45
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Des solutions alternatives?
Plusieurs maisons du boulevard Toupin affichent leur couleur. (Photos: Archives)
Raccordement des boulevards Cavendish et Toupin
Des solutions alternatives?
La pression se fait de plus en plus forte de la part des résidants du secteur Toupin, qui ne veulent pas voir se déverser un flot supplémentaire de véhicules dans leur quartier. Après une réunion aux accents techniques au cours du mois dernier, le regroupement des résidants du secteur Toupin a eu l'occasion de soumettre des alternatives au projet. Le maire Gérald Tremblay a été interpellé sur le sujet au cours du dernier conseil de la Ville de Montréal.
«Le boulevard Toupin, c'est déjà une autoroute. Ça va être un désastre pour la vie de quartier», juge Luc Marion, l'un des représentant du Regroupement des résidants du secteur Toupin, et qui connaît le lieu depuis son plus jeune âge. «Autrefois, pour aller à l'école, nos parents nous envoyaient traverser le boulevard Toupin seuls», se remémore-t-il. Certes, le secteur a beaucoup évolué depuis, à l'image de l'intégralité de l'arrondissement. C'est face à une nouvelle étape d'évolution que le groupe de résidants s'insurge, comprenant mal l'objectif visé. «Nous avons récolté plus de 800 signatures», confirme Luc Marion. La pétition a été déposée lors de la réunion du conseil de la Ville de Montréal, le 17 septembre.

Le regroupement a compilé de nombreuses données sur la situation actuelle, et le probable impact de l'ouverture du boulevard Cavendish sur Toupin. Ils n'ont pas hésité à faire appel à des spécialistes en urbanisme pour ce faire, et à employer les chiffres fournis par Claude Charrette, directeur d'aménagement d'arrondissement.

La rencontre du 23 août a permis de réunir autour de la table le maire Alan DeSousa, le directeur d'arrondissement Serge Lamontagne, des responsables du service d'ingénierie et de la division circulation. À cette occasion, le collectif de citoyens a pu librement s'exprimer et présenter une série de solutions alternatives pour réduire, selon eux, le raccordement des voies et son impact sur la circulation et la vie du quartier. «L'une de nos propositions serait de faire déboucher Cavendish plus à l'ouest, et non directement au croisement Toupin et Henri Bourassa, tout en réduisant la nouvelle portion à une seule voie de chaque côté. Cela permettrait aux automobilistes de rejoindre l’autoroute 13, explique Luc Marion. D'autre part, le boulevard Thimens est sous-utilisé, et le secteur de Nouveau Saint-Laurent connaît un problème d'accessibilité au sud. Une autre suggestion est de diriger le trafic actuellement destiné à la 13 par Thimens plutôt que de multiplier le nombre de voies sur le boulevard Cavendish.»
Carrefour des idées
Malgré cette floraison de propositions, le maire Alan DeSousa tient à rappeler des points importants du processus qui a mené à telle situation. «En 1986, le Comité d'urbanisme de Montréal a sorti son plan d'aménagement pour l'île de Montréal, appelant à développer des axes nord-sud. Le maire de l'époque s'était opposé à cela, mais le plan a été voté par le CUM.» En tout et pour tout, les demandes de modifications ont été déboutées par trois fois auprès de la CUM. «C'est comme au baseball: trois prises et on est retiré», évoque M. DeSousa.
Le prolongement du boulevard Cavendish répond au besoin de désenclavement de Bois-Franc et du Nouveau Saint-Laurent, et cet élément avait en outre été pris en compte lors de la planification du plan directeur pour ces secteurs. En 2000, le terrain du futur tracé était cédé par Bombardier. «En termes de planification urbaine, il est nécessaire d'avoir une vision d'ensemble. Ce qui est recherché, c'est un meilleur accès aux services, présents comme futurs. Prenez par exemple aux écoles. Imaginez le détour d'un bus scolaire partant de Bois-Franc et qui doit se rendre au nord», épilogue M. DeSousa.

Éric Paquet, chef de division à l’urbanisme de Saint-Laurent, complète le tout en qualifiant le futur boulevard unifié de «colonne vertébrale du secteur». Parallèlement, «on doit s'assurer de la quiétude des rues locales, qui est l'un des objectifs du plan d'urbanisme», continue-t-il.

Le regroupement des résidants du secteur Toupin compte utiliser tous les moyens disponibles. Il a aussi rencontré des responsables d'Ahuntsic-Cartierville, puisque le boulevard Toupin se prolonge dans l'arrondissement mitoyen, ou les résidants sont également inquiets. «La signalisation, ça peut se changer n’importe quand, ce n’est pas une garantie, commente Luc Marion. Nous, on voit la banlieue se développer, on est conscient de l’importance des axes nord-sud, et on veut se protéger sur le long terme, pour dans 10 ans, voire pour dans 20 ans». «Nous n'obtenons pas de réponse satisfaisante de la part de M. DeSousa», conclut-il.

Le maire, quant à lui, assure que «les consultations ont lieu le plus tôt possible dans le processus. Des consultations publiques sur les transports seront bientôt entreprises. Les services tiendront compte des préoccupations des citoyens, des questions de circulation, ou encore du design. Rien n'est arrêté pour l'instant.»

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