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Échangeur Turcot : le projet prévoit des corridors réservés au transport collectif

Échangeur Turcot : le projet prévoit des corridors réservés au transport collectif

Échangeur Turcot : le projet prévoit des corridors réservés au transport collectif

André Desroches
Publié le 13 Mars 2009
Publié le 16 Avril 2010
André Desroches  RSS Feed

La version du projet de reconstruction de l’échangeur Turcot présentée le 5 mars aux membres de la coalition Mobilisation Turcot comporte plusieurs corridors réservés au transport en commun.

Sujets :
Ministère des Transports du Québec , Ville de Montréal , Regroupement , Échangeur Turcot , Falaise Saint-Jacques

Mobilisation Turcot, la Ville de Montréal, le Regroupement économique et social du Sud-Ouest, plusieurs acteurs ont plaidé pour que l’on réserve une plus grande place au transport collectif dans le projet. Et c’est une version inscrite sous le sceau de «l’approche de mobilité durable» – une mouture qui fait de la place au transport en commun et au transport actif – qui a été présentée par Alain Marc Dubé, directeur du bureau de projet Complexe Turcot au ministère des Transports du Québec (MTQ). «Beaucoup de choses sont menées. Ce n’est pas vrai qu’il n’y a rien pour le transport en commun dans le projet Turcot», a-t-il soutenu.

Le projet comporte des corridors protégés, a-t-il expliqué; des corridors en vue de la création d’une navette ferroviaire entre l’aéroport et le centre-ville, des voies réservées pour les autobus. Il y a également des liens cyclables qui sont prévus, dont une piste multifonctions au pied de la falaise Saint-Jacques. À ce chapitre, le MTQ travaille de concert avec la Société de transport de Montréal et l’Agence métropolitaine de transport, a dit M. Dubé. «Il y a des discussions, des études en cours.» «On réserve de l’espace pour le transport en commun, mais il n’y a rien de concret», a toutefois soulevé un citoyen. Pour le moment, on est en effet dans l’hypothétique. Il s’agit uniquement de projets. Au moment où la Ville de Montréal commande des compressions de 40 millions de dollars à la Société de transport de Montréal, l’évocation des liens potentiels a été accueillie avec scepticisme. À ceux qui souhaitent que l’on profite de la reconstruction de l’échangeur pour réduire la capacité véhiculaire, Alain Marc Dubé n’a pas laissé d’espoir. Il ne faut pas y songer. «On ne peut pas réduire la capacité de l’échangeur. Il est déjà au minimum», a-t-il dit, précisant que les bretelles comptent une ou deux voies. Pour des questions de sécurité, il est donc impossible d’en retrancher, a-t-il expliqué. «On reconstruit avec le même nombre de voies.»

Logement

Par ailleurs, le tracé envisagé entraînera la démolition d’environ 150 unités de logement. «L’objectif du projet est de maintenir le parc de logements abordables», a affirmé Alain Marc Dubé. On entend donc construire dans le quartier un nombre équivalent de logements à ceux qui seront rasés, un élément qui a réjoui le conseiller municipal Pierre Fréchette, présent à la rencontre d’information. Des discussions sont en cours entre le ministère des Affaires municipales, la Société d’habitation du Québec et l’Office municipal d’habitation de Montréal pour ficeler ce volet du projet, a indiqué M. Dubé.

Pour une résidante visée par l’expropriation, encore faut-il savoir ce que l’on entend par «abordable». Selon les chiffres qu’elle a obtenus, elle paierait plus cher pour l’un de ces logements que ce qui lui en coûte actuellement.

Enclavement

Le projet du MTQ prévoit la démolition de la structure aérienne et le remplacement par des autoroutes en remblais. Alain Marc Dubé a dépeint ces futures voies comme des «zones végétalisées» qui diminueront la pollution sonore, amélioreront la qualité de l’air et permettront de combattre les îlots de chaleur.

Ramener l’échangeur au sol ne fait cependant pas l’unanimité. «On approche la pollution de la population en abaissant la structure», a déploré un citoyen.

Aussi, pour plusieurs, ces autoroutes en remblais seront autant de barrières qui entraîneront l’enclavement des secteurs, alors que la structure actuelle a le mérite d’offrir une certaine transparence. Ne pourrait-on pas reconstruire l’échangeur en hauteur ou simplement renforcer la structure existante ?, ont suggéré des citoyens. Techniquement impensable, a tranché M. Dubé, rappelant que l’échangeur est arrivé au terme de sa vie utile. «On ne peut pas l’entretenir un autre cinquante ans.»

Les travaux évalués à 1,5 milliard de dollars devraient être réalisés entre 2009 et 2015.

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