C'est sa troisième visite en un an, sa quatrième dans les derniers
18 mois. Presque une navette.
Les Français savent recevoir. Ils l’ont accueilli au son de la Marseillaise sous l'Arc de Triomphe où Charest a déposé une couronne de lys sur la tombe du Soldat inconnu. Très digne, très français.
Le Premier ministre québécois s'est rendu par la suite à L'Élysée pour causer un brin avec son hôte, le Président Nicolas Sarkozy.
On peut facilement s'imaginer leur conversation:
« Comment allez-vous Monsieur Sarkozy? »
« Très bien, merci! »
« Et la famille? »
« Euh! »
Sarkozy aurait pu rétorquer :
« Puis vous, comment va la pétition? »
Des fois, les politiciens font des gaffes.
Il y a deux ans, un député français, Pierre Lasbordes, avait accueilli Charest en lui disant « J'espère que n'avez pas la plotte à terre. »
Le malheureux Lasbordes avait salué Charest avec ce qu’on lui avait dit était « une bonne expression québécoise » qui était assez courante au Québec.
Charest avait fait semblant ne pas comprendre.
Bien mieux que de répondre « Et vous, comment vont les gosses? »
Il avait une certaine sécurité qui entourait la visite.
Le bureau de Charest a refusé de dire où le couple se logeait à
Paris, sauf que ce n'est pas le Paris Hilton.
Charest détient le rang de « commandeur » dans l'Ordre de la Légion
d'honneur française. Les Français aiment conférer des titres.
C'est une coche sous le niveau de « Grand Officier » que le président Valéry Giscard d'Estaing avait accordé à René Lévesque en 1977.
Mais avant que les indépendantistes au Québec se pètent trop les bretelles, rappelons qu'il y a un grade encore plus haut.
C'est celui de « Grand Officier de Grand'Croix » accordé exceptionnellement, il y a un an, au financier Paul Desmarais. On
doit ajouter, cependant, que Desmarais a des moyens que la simple politique n'a point.
Peu importe les activités du couple Charest-Dionne, une semaine à Paris ça se prend bien dans les circonstances. Au moins c'est plus reposant qu'une semaine à l'Assemblée Nationale.




